Alors que le pays subit depuis plusieurs jours des interruptions d’alimentation, le chef de la Senelec a exposé les raisons techniques, logistiques et financières qui ont fragilisé le réseau. Son analyse met en lumière l’accumulation de problèmes qui, combinés à une vague de chaleur exceptionnelle, a entraîné une surcharge du système.
Défaillances techniques majeures
Le premier point abordé concerne la plateforme flottante de Karpowership. Une défaillance de la pompe surpresseur du système FSRU a empêché le transport du gaz liquéfié sous pression vers la centrale, causant une perte d’environ 200 Megawatts. En parallèle, la centrale de Cap des Biches a connu une panne sur l’une de ses deux turbines, la contraignant à fonctionner au gazole.
Pressions financières et logistiques
Le recours au gazole, en raison des tensions géopolitiques mondiales et des contraintes logistiques sur les navires, a créé un problème supplémentaire : les impuretés contenues dans le carburant ont rapidement encrassé les filtres des machines, obligeant les équipes à des arrêts fréquents pour entretien. Le directeur a rappelé que les cours mondiaux du gazole ont quasiment doublé, ce qui pèse lourdement sur la trésorerie de l’entreprise.
Calendrier des réparations et perspectives
Sur le volet correctif, il a annoncé que la pompe de remplacement est arrivée à Dakar et que son installation devrait permettre de récupérer les 200 MW manquants. Pour la centrale de Cap des Biches, les équipes effectuent des inspections avec des appareils boroscopiques afin d’évaluer l’état des turbines. Si toutes les opérations avancent comme prévu, le DG assure qu’une amélioration sensible dès le milieu de semaine est attendue, et que à partir de jeudi, la situation devrait revenir à la normale sur le réseau électrique.
En somme, la combinaison d’incidents techniques, de contraintes d’approvisionnement et d’une demande record due à la canicule a créé un déséquilibre majeur. Les mesures déjà engagées visent à restaurer la capacité perdue et à stabiliser les finances, mais la population reste vigilante quant à la rapidité de la remise en service complète.



