Moussa Niang, figure politique éminente et délégué national à la vie politique de Guem Sa Bopp, a jeté un pavé dans la mare en décortiquant le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’année 2026. Sa contribution cinglante dépeint un tableau sombre des choix budgétaires de l’actuel régime dirigé par Bassirou Diomaye Faye, alertant sur un avenir potentiellement compromis pour le développement national. Au cœur de ses préoccupations, une coupe significative dans les fonds dédiés à l’investissement, qui interpelle sur la direction économique du pays.
La saignée budgétaire : un revers pour le développement
L’analyse de M. Niang met en lumière des données comptables inquiétantes. Il observe une contraction des entrées d’argent de l’État, lesquelles sont passées de 6 188,8 à 5 848,7 milliards de FCFA. Simultanément, le déséquilibre budgétaire s’est creusé pour atteindre 1 735,2 milliards, représentant 7,6 % du Produit Intérieur Brut. Mais le point le plus alarmant, selon l’opposant, réside dans la diminution drastique des moyens financiers destinés aux projets structurants. Pas moins de 555 milliards de FCFA ont été retranchés de l’enveloppe d’investissement, un montant qui soulève de sérieuses questions sur les priorités du gouvernement. Dans le même temps, les charges liées au secteur de l’énergie ont explosé pour atteindre 790,3 milliards de FCFA, déplaçant l’équilibre des dépenses publiques.
Souveraineté énergétique : le mirage des promesses
La politique énergétique de la nation est également au centre des critiques de l’analyste. Alors que le discours officiel évoquait une maîtrise accrue des ressources et une diminution de la dépendance grâce à l’exploitation du pétrole et du gaz, la réalité des chiffres semble tout autre. Moussa Niang pointe du doigt l’accroissement vertigineux des aides étatiques au secteur, qui pèsent lourdement sur les comptes publics. Le document acheminé à l’Assemblée nationale, en date du 18 septembre 2026, révèle en effet une multiplication par 3,2 des fonds accordés aux subventions énergétiques. Cette situation se manifeste concrètement par l’ajustement des prix des carburants à compter du 15 août 2026, avec un litre de supercarburant fixé à 990 francs CFA et le gasoil à 755 francs CFA, un signe de la fragilité persistante du pays face aux fluctuations mondiales.
« Vision 2050 » : un programme à l’épreuve des faits
Le plan stratégique national « Vision 2050 », présenté comme l’ossature d’une transformation profonde du Sénégal, est également ébranlé par l’analyse de Moussa Niang. Selon lui, après deux années d’implémentation, ni une métamorphose structurelle, ni une diversification économique concrète, ni un gain de compétitivité de l’appareil productif n’ont été observés de manière probante. Il en conclut que ce document, censé orienter le développement, s’est davantage transformé en un instrument de communication qu’en un véritable programme d’actions exécuté. Cette divergence entre les ambitions affichées et les décisions budgétaires, notamment la réduction des fonds d’investissement, accentue le fossé perçu par M. Niang entre les discours et les faits.
Ces observations de Moussa Niang ne se limitent pas à une simple correction technique des comptes étatiques. Elles constituent un avertissement sévère pour l’administration de Bassirou Diomaye Faye, mettant en lumière des incohérences majeures entre les promesses de souveraineté et de développement, et les arbitrages financiers concrets. Le responsable politique met en exergue l’absence de réelle industrialisation, de création massive d’opportunités d’emploi et de renforcement du tissu économique local, invitant à une réflexion urgente sur la trajectoire économique du Sénégal.



