La capitale sénégalaise endure des perturbations électriques incessantes, plongeant des milliers de foyers et d’entreprises dans l’incertitude. Face à cette situation critique, les responsables de la Senelec lèvent le voile sur les multiples défis qui acculent le réseau, confronté à une demande sans précédent et à une série d’incidents techniques.
Une Demande Exorbitante et des Capacités Fragilisées
Le directeur principal Réseaux de la Senelec, Abdou Kader Kane, a récemment mis en lumière l’ampleur du problème lors de son passage sur la RTS. En août, la consommation électrique à Dakar a atteint un sommet inattendu de 1 400 mégawatts, bien au-delà des 1 250 mégawatts initialement prévus. Cette surconsommation a rapidement épuisé les marges de manœuvre du système.
Le réseau a également subi de lourdes pertes de production. Un incident majeur à la centrale de Bel-Air a d’abord tendu la situation. Puis, l’arrêt complet de l’unité de Cap des Biches, survenu les 6 et 7 septembre, a amputé le système de 240 mégawatts cruciaux. Selon le SUTELEC, le déficit actuel tournerait autour de 150 mégawatts, illustrant la fragilité de l’approvisionnement.
Les Failles Structurelles et Logistiques mises à nu
Au-delà de la demande accrue, plusieurs facteurs structurels et logistiques pèsent lourdement sur la performance de la Senelec. Le vieillissement avancé du réseau électrique de Dakar et les nombreux chantiers en cours fragilisent le dispositif, le rendant plus vulnérable aux pannes. Les vagues de chaleur, fréquentes en cette période, augmentent non seulement la demande, mais compliquent aussi la restauration de l’équilibre entre l’énergie produite et l’énergie consommée.
L’approvisionnement en carburant représente également un défi de taille. Des difficultés d’obtention de gasoil, essentiel au fonctionnement de certaines installations, ont été signalées. La dépendance à la solution flottante Karpowership ajoute une couche de complexité, influant sur la flexibilité opérationnelle de la compagnie.
Conséquences et Mesures d’Urgence pour la Capitale
Les conséquences de cette crise énergétique se font sentir au quotidien pour les habitants de la capitale et de sa banlieue. Même des établissements sensibles comme l’Hôpital Dantec, l’Institut Pasteur et l’Hôpital Principal sont touchés par les interruptions de service. Pour tenter de gérer le déficit, la Senelec a été contrainte de mettre en place des délestages planifiés, qui s’étendent du 21 au 27 septembre.
Malgré ces perturbations, la société publique assure que ses équipes sont pleinement mobilisées. Les dépôts sont opérationnels, et les livraisons de carburant sont traitées en priorité. Une collaboration étroite se poursuit avec les distributeurs pétroliers et la Société africaine de raffinage (SAR) pour sécuriser les ressources nécessaires. Il est à noter que ces difficultés avaient été anticipées et signalées aux autorités dès le mois de juin, soulignant une problématique qui n’est pas nouvelle.
Alors que Dakar navigue à travers cette période de forte tension énergétique, l’urgence est de stabiliser le réseau. Cependant, la persistance de la crise met en lumière la nécessité d’investissements massifs dans l’infrastructure et de stratégies à long terme pour garantir la résilience de l’approvisionnement électrique face à l’expansion urbaine et aux aléas climatiques.



