Le scandale autour du projet Yakaar‑Teranga a pris une nouvelle tournure lorsque trois structures indépendantes ont exigé que l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) se saisisse d’une enquête autonome. L’appel, publié le 9 septembre, s’appuie sur les propos tenus par le Premier ministre Al Aminou Lô lors de sa déclaration de politique générale le 8 septembre 2026.
Une mobilisation citoyenne pour la transparence financière
OSIDEA, l’ONG 3D et le Forum du Justiciable ont conjointement signé un communiqué où ils dénoncent l’absence de clarté autour d’une somme estimée à 55 millions de dollars, soit près de 30 milliards de FCFA, qui aurait dû être restituée à l’État sénégalais. Les signataires insistent sur le besoin d’explications publiques, détaillées et documentées, afin de connaître les raisons d’un éventuel abandon de ces fonds, l’autorité ou le ministre responsable de la décision, ainsi que le cadre juridique qui l’aurait justifié.
Exigences précises et appel à l’autosaisine
Les trois organisations demandent à l’OFNAC d’intervenir en tant qu’instance indépendante, afin d’assurer un examen impartial et crédible du dossier présenté devant les députés. Elles soulignent que leur démarche n’est pas une accusation contre une personne ou une institution, mais une requête légitime pour que toute décision concernant des ressources publiques soit rendue visible aux citoyens.
En outre, les groupes souhaitent que soient rendus publics les éventuels accords conclus avec la société Kosmos Energy lors de son retrait du projet Yakaar‑Teranga. Cette société américaine a annoncé son désengagement en mars 2026, réduisant de 144 millions de dollars les montants inscrits dans ses comptes, après le départ antérieur de BP.
Le rôle du Parlement et les signatures
Les organisations appellent également l’Assemblée nationale à exercer son contrôle sur l’action du gouvernement, afin de fournir aux députés et au grand public les informations nécessaires. Le communiqué porte les signatures de Cheikh Oumar Sy pour l’OSIDEA, de Moundiaye Cissé pour l’ONG 3D et de Babacar Ba pour le Forum du Justiciable, tel que relayé par Pressafrik.
Cette initiative pourrait marquer un tournant dans la manière dont les Sénégalais perçoivent la gestion des ressources pétrolières et gazières, en mettant la barre plus haut pour la responsabilité et la transparence au sein des institutions publiques.
Si l’OFNAC accepte la demande d’autosaisine, l’enquête pourrait dévoiler les mécanismes qui ont conduit à la perte de ces fonds, et potentiellement déclencher des réformes visant à renforcer la surveillance des contrats internationaux.



