Le campus de l’UCAD a été le théâtre d’une tragédie qui hante encore la communauté universitaire. Le 25 mars 2021, un affrontement violent entre deux groupuscules étudiants a coûté la vie à Ismaïla Gaoussou Diémé, un étudiant de la filière sciences sociales. Aujourd’hui, les forces de l’ordre mettent un terme à la traque du principal suspect, A. Sarr, qui tentait de franchir la frontière gambienne.
Une rivalité qui a dégénéré
Le jour des faits, les membres du mouvement étudiant « Kékendo », majoritairement originaires de la Casamance, se sont heurtés à ceux du collectif culturel « Ndéfleng », affilié à la communauté sérère. L’altercation s’est déroulée devant le Pavillon E du campus social de l’UCAD. Selon les témoignages recueillis, le suspect aurait brandi une lame – décrite comme une machette ou un sabre – infligeant des coups mortels à Ismaïla Diémé, qui a succombé aux suites de ses blessures à l’Hôpital Principal de Dakar.
Cinq ans de fuite enfin interrompus
Identifié rapidement par les enquêteurs grâce aux déclarations du frère de la victime et à plusieurs étudiants présents, A. Sarr, alors domicilié aux HLM Grand‑Yoff, a quitté le Sénégal pour se réfugier en Gambie. Malgré une interdiction de sortie du territoire, il aurait traversé clandestinement les postes de contrôle avant d’être intercepté le 16 août dernier au point de contrôle de Karang, alors qu’il tentait de regagner la Gambie. Les agents de la Police de l’air et des frontières (PAF) l’ont remis aux enquêteurs de la Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar.
Lors de son audition, le suspect, âgé de 30 ans, a reconnu avoir participé à la bagarre mais nie être l’auteur des coups fatals. Il affirme avoir fui après avoir découvert qu’il était visé par l’enquête. La Sûreté urbaine a ouvert une procédure judiciaire ; A. Sarr a été présenté ce vendredi au procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar. La présomption d’innocence reste applicable, et la justice devra déterminer les responsabilités exactes dans ce drame qui a profondément marqué le milieu académique sénégalais.
Cette arrestation met en lumière les tensions persistantes entre factions étudiantes et rappelle la nécessité d’une gestion sécuritaire renforcée sur les campus. Elle offre également un aperçu des mécanismes de coopération transfrontalière entre le Sénégal et la Gambie dans la lutte contre la fuite de suspects.



