Alors que le Sénégal se prépare à accueillir les Jeux Olympiques de la jeunesse, une voix s’élève pour rappeler que la sécurité ne doit pas se faire au détriment de la dignité humaine. Boubacar Sèye, à la tête d’Horizon Sans Frontières, met en garde contre une approche qui confondrait simplement présence sans papiers et infractions pénales.
Un appel à la mesure et à la transparence
Le chef de l’ONG reconnaît le droit souverain de l’État à organiser l’événement dans les meilleures conditions, mais insiste pour que chaque action s’appuie sur des procédures claires et des critères objectifs, sans distinction de nationalité. « Des faits précis, des procédures régulières et les mêmes règles pour tous », a-t-il répété, relayé par Xibaaru.
Différencier occupation illégale et délit
Selon Sèye, la simple présence d’un individu sans autorisation ne suffit pas à le qualifier de criminel. Il souligne que « Un étranger en situation irrégulière n’est pas nécessairement un délinquant », rappelant que la législation doit s’appliquer à chaque cas, en respectant les droits fondamentaux. Il attire également l’attention sur les réfugiés fuyant conflits, persécutions ou menaces graves, invoquant le principe de non‑refoulement qui interdit tout renvoi vers un pays où la vie ou la liberté seraient en danger.
Contexte local : le nettoyage de Liberté 6 et Grand Yoff
L’intervention du 15 novembre 2025, menée à Liberté 6 et Grand Yoff, a vu le retrait de 27 véhicules et de 192 tentes de marché. Cette opération a été coordonnée par la Police nationale, la SONAGED, les mairies concernées et les équipes techniques de la DGCV, illustrant la capacité des autorités à réorganiser l’espace public tout en respectant les exigences sanitaires et sécuritaires.
En appelant à une attitude empreinte de téranga, Boubacar Sèye rappelle que le Sénégal a toujours été perçu comme une terre d’accueil. Il met en garde contre les discours de certains « prétendus nationalistes et identitaires » qui, selon lui, utilisent le rejet de l’autre comme solution aux difficultés sociales.
Le défi qui se profile est donc double : garantir le bon déroulement des JOJ tout en préservant les principes humains qui font la réputation du pays. La façon dont les autorités concilieront ces exigences pourrait devenir un modèle pour d’autres nations organisatrices d’événements majeurs.



