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Ousmane Sonko défie Bassirou Diomaye Faye : l’exécutif ébranlé par une bataille constitutionnelle

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Le Sénégal, à peine entré dans une nouvelle ère politique, assiste à un bras de fer institutionnel inattendu, opposant le Premier ministre Ousmane Sonko au président Bassirou Diomaye Faye. Au cœur de cette dissension, la validation de deux textes législatifs majeurs, portés par le parti Pastef, qui se heurtent à la prudence, voire à la contestation, de la présidence. Ce clivage, loin d’être anodin, met en lumière des interprétations divergentes de la Constitution et soulève des interrogations sur la répartition des pouvoirs au sein du nouvel exécutif.

Les propositions législatives au centre de l’impasse

Deux initiatives parlementaires de la majorité gouvernementale cristallisent les tensions. La première, adoptée par les députés, vise à instaurer une double déclaration de patrimoine pour les hauts fonctionnaires, y compris le Chef de l’État à la fin de son mandat. Une mesure de transparence que le gouvernement entend, contre l’avis d’Ousmane Sonko, soumettre à un référendum, comme annoncé le 17 août. La seconde proposition concerne le contrôle des « fonds secrets », ces crédits spéciaux dévolus à des dépenses sensibles de la Primature et de la Présidence. Le Pastef aspire à les voir audités par une commission parlementaire restreinte, mais l’exécutif a saisi le Conseil constitutionnel dès le 18 août pour faire déclarer cette loi irrecevable. L’argumentaire présidentiel invoque les articles 67 et 76 de la Constitution, arguant d’une ingérence du pouvoir législatif dans les prérogatives du pouvoir exécutif.

Bataille d’interprétations et répercussions politiques

Le désaccord autour de la déclaration de patrimoine illustre parfaitement cette joute constitutionnelle. Ousmane Sonko exhorte le président à promulguer cette révision sans passer par la case référendaire, s’appuyant sur l’article 103, alinéas 4 et 5, qui stipule que la consultation populaire n’est pas requise si le Chef de l’État choisit de soumettre le texte directement à l’Assemblée nationale. Or, la position du gouvernement, défendue publiquement par Aminata Touré, superviseur de Kiiraay, le parti présidentiel, insiste sur la nécessité du scrutin populaire, rappelant que la Constitution ne peut être modifiée « tous les deux jours ». Pour elle, certains votes des députés pourraient rencontrer des problèmes de constitutionnalité. Cette divergence va bien au-delà de la simple procédure, touchant à la répartition des compétences entre les différentes institutions. L’examen de la proposition sur les fonds secrets, initialement prévu le 19 août, a d’ailleurs été suspendu, signe de l’ampleur du blocage. Dans cette situation complexe, le PDS a choisi de soutenir l’approche du président Bassirou Diomaye Faye concernant le référendum, appelant même à voter « non » aux propositions de révision.

Ce conflit interne, inattendu après l’élan de la victoire électorale, pose un véritable défi à la jeune administration sénégalaise. Il ne s’agit plus seulement de lois spécifiques, mais de la définition même des équilibres institutionnels et de la portée du mandat de chaque acteur majeur. La manière dont Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko navigueront ces eaux agitées déterminera non seulement l’avenir de ces propositions législatives, mais aussi la cohésion et l’efficacité de leur alliance au pouvoir, sous le regard attentif des citoyens sénégalais et des observateurs régionaux.

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