Accueil POLITIQUE Bassirou Diomaye Faye impose une transparence radicale des patrimoines par référendum

Bassirou Diomaye Faye impose une transparence radicale des patrimoines par référendum

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Dakar s’apprête à vivre un moment politique déterminant. Le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye s’engage dans une refonte institutionnelle audacieuse, plaçant la transparence au cœur de la gouvernance. L’objectif est clair : soumettre au verdict populaire une réforme constitutionnelle majeure concernant la déclaration du patrimoine, promettant un contrôle citoyen accru sur les biens des plus hautes autorités du pays.

La transparence des richesses : une obligation élargie

Le projet défendu par la présidence dépasse largement la simple modification d’un article existant. Il s’agit d’inscrire de manière indélébile dans la Loi fondamentale du Sénégal l’impératif pour les figures emblématiques de l’État de rendre publics leurs biens. Le chef de l’État lui-même, mais aussi le président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre, seraient désormais concernés par cette divulgation systématique. Une telle démarche consoliderait une exigence déjà en vigueur pour certains via l’OFNAC, en lui conférant une valeur constitutionnelle supérieure, gage de stabilité et de force juridique.

Mieux encore, cette exigence de transparence s’étendrait au processus électoral suprême. Toute personne aspirant à la magistrature présidentielle devrait désormais joindre une déclaration de patrimoine à son dossier de candidature. Ce document serait diffusé avant le scrutin et tiendrait lieu de déclaration d’entrée en fonction pour le candidat élu. L’absence de cette pièce cruciale pourrait entraîner l’irrecevabilité d’une candidature, garantissant ainsi que dès l’accès au pouvoir, le patrimoine des dirigeants est connu. La réitération de cette démarche serait également requise au début et à la fin de chaque mandat.

Référendum ou bras de fer : le dilemme institutionnel

La décision de soumettre ces évolutions à un vote direct des citoyens, annoncée par le président Faye dans un courrier au président de l’Assemblée nationale le 30 juillet 2026, est loin de faire l’unanimité. Elle s’inscrit en effet dans un contexte de forte polarisation politique. Tandis que l’exécutif, par la voix du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, presse les parlementaires d’approuver l’amendement de l’article 37 avant la consultation populaire, des divergences profondes divisent la classe politique. L’Assemblée nationale a déjà abordé le 29 juin 2026 une proposition de loi portant révision constitutionnelle, mais la suite des événements est semée d’embûches.

Certains députés du groupe PASTEF, dirigé par Ousmane Sonko (également président de l’Assemblée nationale), sont accusés de manœuvres visant à imposer ce référendum. Paradoxalement, d’autres voix au sein même de PASTEF reprocheraient au chef de l’État d’avoir initialement envisagé de passer par le Conseil constitutionnel plutôt que par un plébiscite. La « Coalition Diomaye Président », quant à elle, dénonce une instrumentalisation du projet initial par les élus de PASTEF. De son côté, le mouvement citoyen « Y en a marre » joint sa voix à l’appel pour une consultation populaire, fustigeant les « calculs politiques » qui risqueraient de vider de leur sens les volontés de changement populaire.

Au-delà des querelles partisanes, l’initiative présidentielle marque une étape significative dans la quête de transparence et de redevabilité au Sénégal. En soumettant cette réforme directement aux citoyens, Bassirou Diomaye Faye cherche à légitimer par la voie la plus démocratique un principe fondamental pour la confiance publique, définissant ainsi un nouveau standard pour l’intégrité des dirigeants africains.

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