La voix de Babacar Ba, président du Forum du justiciable, résonne avec insistance au cœur du débat public sénégalais, exigeant une clarté absolue dans l’administration des allocations destinées au secteur de la presse. Cette requête pressante surgit alors que le récent décaissement du Fonds d’appui au développement de la presse (FADP) soulève de sérieuses interrogations. L’opacité entourant la répartition de ces ressources publiques met en lumière un enjeu majeur pour l’intégrité de l’information et la vitalité démocratique.
Des fonds publics sous le sceau du mystère
Le nœud du problème réside dans l’absence de divulgation publique de l’enveloppe totale et de la liste détaillée des récipiendaires du FADP. Cette discrétion, immédiatement après le versement des aides, a provoqué une vague de mécontentement au sein de la profession. Des entités telles que le Cdeps et l’Appel, deux organisations de professionnels des médias, ont exprimé leur vive préoccupation, réclamant des éclaircissements. Pour Babacar Ba, il est impératif que ces dotations, étant des deniers publics, soient gérées avec une parfaite transparence, leur finalité étant de soutenir le pluralisme informatif et la pérennité économique des structures médiatiques.
L’ampleur des montants en jeu accentue la gravité de cette demande. Le rapport de gestion du FADP 2025, rendu public le 7 avril, révèle un investissement substantiel : plus de 1,09 milliard de francs CFA ont été dirigés vers les stations de radio locales et l’ensemble de la presse privée. Face à ce constat, une déclaration du directeur de la Communication du ministère, datant du 5 mars 2026, avait pourtant promis une publication prochaine des listes de bénéficiaires et des sommes allouées. L’objectif alors affiché était de permettre aux citoyens sénégalais de connaître précisément les organes ayant bénéficié de ce soutien de l’État.
L’impératif de la redevabilité pour un secteur vital
Au-delà de l’aspect purement comptable, la transparence de ces financements est fondamentale pour la préservation du pluralisme de l’information au Sénégal. Ces ressources sont conçues pour assurer la survie et le développement des entreprises de presse, garantissant ainsi une diversité de voix et de perspectives, indispensables à une démocratie saine. Le président du Forum du justiciable souligne avec force que les entités bénéficiaires de ces aides doivent scrupuleusement respecter leurs obligations sociales. Il insiste sur le fait que ces apports financiers, de même que les revenus issus des conventions publicitaires publiques, doivent impérativement contribuer à la croissance et à la consolidation du paysage médiatique national.
L’appel de Babacar Ba va bien au-delà d’une simple procédure administrative ; il constitue un rappel solennel de la nécessité d’une responsabilité totale dans l’utilisation des fonds publics, particulièrement lorsqu’ils sont alloués à un secteur aussi stratégique que celui de la presse. La clarté dans la distribution de ces aides est un gage de crédibilité pour les autorités et une condition sine qua non pour l’établissement d’une confiance durable entre le public et ses médias, renforçant par là même les piliers d’une information libre et indépendante au Sénégal.



