Accueil POLITIQUE Crise à la SN HLM : Pape Abdourahmane Dabo face à la...

Crise à la SN HLM : Pape Abdourahmane Dabo face à la justice pour neuf licenciements

0
154

Une tempête judiciaire et sociale s’abat sur la Société nationale des habitations à loyer modéré (SN HLM). Sous la houlette de son directeur général, Pape Abdourahmane Dabo, l’entreprise est confrontée à une contestation virulente suite au renvoi de neuf de ses cadres. Les employés évoquent des motivations « politiques et machiavéliques », transformant ce litige en une affaire potentiellement explosive qui interroge les pratiques de gouvernance au sein des entités publiques.

Les accusations et la procédure contestée

Le nœud du conflit réside dans la justification de ces départs. Alors que la direction avance des impératifs économiques et organisationnels, ainsi qu’une prétendue absence de productivité, les travailleurs réfutent ces explications, les qualifiant de « fallacieuses ». Madiab Diagne, le délégué du personnel, affirme avec force que les protocoles légaux des licenciements pour motif économique n’ont pas été respectés. Il souligne l’absence d’un préavis crucial et d’une consultation préalable des représentants du personnel, étapes pourtant obligatoires avant toute mesure de ce type. Selon Diagne, ce manquement invalide entièrement le processus. En conséquence, le personnel affecté a déjà initié des actions formelles, notifiant l’Inspection du travail et préparant un recours urgent devant le juge des référés.

Des dépenses contradictoires aux motifs avancés

Au-delà de la procédure, le syndicat des travailleurs remet en question les motifs profonds des décisions managériales. Madiab Diagne critique l’assertion d’improductivité, suggérant qu’il incombe au directeur général de rendre ses directeurs pleinement opérationnels. Il insiste que ces mêmes cadres étaient, jusqu’à présent, essentiels au fonctionnement de l’entreprise. Plus éloquent encore, les employés avancent un détail financier de taille : la société aurait enregistré un bénéfice de 425 millions de FCFA. Ce chiffre contredit directement l’argument d’une situation économique tendue. Paradoxalement, alors que neuf postes étaient supprimés, huit nouveaux cadres supérieurs ont été simultanément recrutés. Des voyages aux États-Unis, l’organisation d’une colonie de vacances et la délocalisation d’un conseil d’administration sont autant d’initiatives récentes qui alimentent les doutes. Un des cadres licenciés a qualifié les raisons de son renvoi de « fins politiques et machiavéliques », soulignant l’incohérence entre ces dépenses et la crise financière alléguée.

Appel à la présidence et enjeux de gouvernance

Dépassant le cadre de la confrontation judiciaire, les travailleurs concernés ont porté leur plaidoyer jusqu’à la plus haute instance de l’État. Ils ont lancé un appel direct au président Bassirou Diomaye Faye. Leur requête principale est claire : la réintégration immédiate des neuf cadres renvoyés. Ils avertissent que si cette réintégration n’était pas effective, le directeur général, Pape Abdourahmane Dabo, devrait alors assumer pleinement les conséquences de cette crise. Cet épisode met en lumière des questions cruciales de gouvernance au sein des entités publiques, à l’heure où la nouvelle administration promet rigueur et transparence. La direction de la SN HLM, pour sa part, maintient que les départs sont motivés par des nécessités économiques et une démarche d’optimisation managériale. La balle est désormais dans le camp de la justice et, potentiellement, de la présidence, pour démêler cet imbroglio lourd de conséquences.

L’affrontement entre la direction de la SN HLM et ses cadres est bien plus qu’une simple dispute sociale ; il interroge les pratiques managériales dans les entreprises d’État et met à l’épreuve l’engagement du nouveau régime envers la bonne gouvernance. L’issue de cette bataille judiciaire et politique sera scrutée de près.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici