Le monde est en train de perdre une génération avant même qu’elle n’atteigne l’âge adulte. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) vient de publier un rapport qui sonne l’alarme, révélant une inertie corporelle généralisée chez les jeunes. Plus de quatre adolescents sur cinq, âgés de 11 à 17 ans, ne respectent pas les directives minimales d’activité physique quotidienne. Ce constat, lourd de menaces pour leur avenir, interpelle les décideurs, notamment sur le continent africain où les défis sont souvent amplifiés.
L’ampleur d’une crise mondiale silencieuse
Les données de l’OMS sont formelles et sans appel. Près de 85% des jeunes filles et 78% des garçons, entre 11 et 17 ans, ne parviennent pas à totaliser les 60 minutes d’exercice modéré à intense recommandées chaque jour. Cette situation ne s’est pas améliorée au cours des quinze dernières années, avec une stagnation alarmante des niveaux d’activité entre 2001 et 2016. Si certains pays, comme les Philippines ou les États-Unis d’Amérique, ont réussi à réduire l’inactivité masculine, la tendance globale demeure très préoccupante, annonçant des conséquences désastreuses pour la santé publique à l’échelle planétaire. Le continent africain, avec sa population jeune et en pleine croissance, doit se saisir de cette réalité avec une acuité particulière.
Les vecteurs de la sédentarité et leurs répercussions
Plusieurs facteurs convergent pour créer cet environnement propice à la sédentarité. L’urbanisation rapide, souvent désordonnée, réduit les espaces de jeux et les infrastructures sportives accessibles. L’omniprésence des écrans, qu’il s’agisse de smartphones, de tablettes ou de télévisions, capte l’attention des jeunes et les ancre dans des postures immobiles pendant des heures. Or, les enjeux liés à cette passivité sont immenses : au-delà des risques évidents d’obésité et de maladies non transmissibles à l’âge adulte, le manque d’exercice freine le développement cognitif, impacte négativement la santé mentale et limite le bien-être social des adolescents. Ignorer ces signaux, comme le souligne le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, c’est prendre un « risque trop grand pour la santé de nos enfants ».
Des leviers d’action pour un avenir plus dynamique
L’Organisation Mondiale de la Santé ne se contente pas de dresser un tableau sombre ; elle propose également des pistes concrètes pour inverser la courbe. Des programmes d’éducation physique de qualité dans les écoles, des activités extrascolaires variées, l’encouragement des sports et l’adoption de modes de transport actifs comme la marche ou le vélo, sont des interventions avérées. L’appel est clair : les gouvernements et les communautés doivent investir massivement dans des infrastructures et des politiques publiques qui favorisent le mouvement. Au Sénégal, comme dans d’autres nations africaines, il est impératif d’adapter ces recommandations aux réalités locales, en créant des espaces sûrs et attrayants pour l’activité physique, et en sensibilisant les familles aux bénéfices d’une vie active pour les générations futures.
L’inaction face à cette crise d’inactivité juvénile ne peut être une option. La vitalité et la résilience des futures générations dépendent des décisions prises aujourd’hui. Il est temps pour chaque pays, y compris le Sénégal, de traduire cette alerte globale en actions locales audacieuses, pour garantir à sa jeunesse un avenir sain et dynamique.



