Un affrontement inédit secoue l’Assemblée nationale et le Ministère de l’Économie autour de la préparation du Budget 2027. Au cœur de cette tension, une surprenante volte-face de la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, qui a d’abord demandé le retrait du projet après le rejet d’une loi de finances rectificative, avant de convoquer les députés pour examiner le même texte quelques heures plus tard. Cette situation, dénoncée comme « incohérente » par le gouvernement, fait planer une incertitude majeure sur la trajectoire financière du pays et ses engagements internationaux.
L’Assemblée nationale défie le calendrier et les prévisions
Le 3 novembre dernier, l’hémicycle a été le théâtre d’une décision fracassante : le rejet de la loi de finances rectificative (LFR) de 2026. Avec 109 voix contre, 20 pour et 3 abstentions, le texte a été écarté sans débat sur le fond, suite à l’adoption d’une question préalable. Les élus du parti Pastef ont particulièrement contesté la sincérité du budget corrigé, pointant du doigt des prévisions de recettes et de dépenses jugées irréalistes, un déficit projeté à 7,6 % du PIB, et un flou persistant sur la soutenabilité de la dette nationale. Ce vote parlementaire a d’emblée fragilisé un prêt de 2,2 milliards de dollars, attendu avec impatience du Fonds Monétaire International (FMI).
Dans la foulée de ce rejet, le président de la Commission des Finances a adressé, le même jour, une correspondance demandant le retrait pur et simple du projet de Budget 2027. La commission estimait alors que l’invalidation de la LFR 2026 sapait les fondations du futur budget, exigeant une nouvelle proposition bâtie sur les bases de la loi de finances initiale de 2026, adoptée en décembre 2025.



