Une polémique fiscale éclate après que le député non‑inscrit de Sopi Sénégal, Tafsir Thioye, ait remis en cause la légitimité du retrait du projet de loi de finances rectificative (LFI) 2027. Son propos, relayé par TFM matin le 4 octobre 2026, soulève des doutes sur la chaîne décisionnelle au sein de l’Assemblée nationale.
Une procédure jugée illégale
Selon Thioye, la Commission des Finances ne possède pas l’autorité d’engager l’Assemblée dans une telle démarche ; seul le vote en séance plénière peut valider un retrait. Il estime que toute requête aurait dû être adressée directement au président de l’Assemblée, et non circuler au sein de la commission.
Le parlementaire affirme avoir examiné une correspondance signée par le président de la Commission des Finances, adressée au ministre des Finances, sollicitant le retrait du texte. Il rappelle que le projet de loi a été présenté par décret du président de la République, ce qui, à son sens, impose un protocole plus strict.
Enjeux financiers et économiques
Le budget rectificatif en question représente 2 505 milliards de FCFA, dont 1 590 milliards sont destinés aux crédits de paiement. Aminata Touré a averti que tout blocage prolongé pourrait mettre en péril l’économie nationale et le secteur privé. Elle a également critiqué le rejet du texte par la Commission des Finances et reproché aux députés du Pastef d’avoir approuvé le budget lorsqu’ils occupaient le pouvoir, avant de s’y opposer désormais.
Thioye accuse la majorité parlementaire d’exploiter son poids politique au mépris des règles institutionnelles. Il précise que la gravité de la situation dépendra de la confirmation de l’existence et du contenu de la lettre : « Si c’est confirmé qu’ils ont écrit pour demander à ce que la loi de finances soit retirée, c’est d’une extrême gravité. »
Conséquences possibles pour le pays
Un retrait contesté pourrait entraîner un retard dans le financement des projets publics, affectant directement les entreprises et les ménages. La controverse met en lumière la nécessité d’un respect strict des procédures parlementaires afin d’éviter des incertitudes budgétaires qui nuisent à la confiance des investisseurs.
Alors que le débat se poursuit, les yeux restent rivés sur la décision finale de l’Assemblée nationale, qui devra trancher entre la conformité juridique et les pressions politiques.



