Un vent de fermeté souffle sur le palais présidentiel, porté par les déclarations de Malaw Kanté. L’observateur averti de la scène politique sénégalaise ne mâche pas ses mots : après le refus catégorique du Projet de Loi de Finances Rectificative (PLFR) 2026 par l’Assemblée nationale, le temps des discussions semble révolu. Il juge impératif que le président Bassirou Diomaye Faye sorte de cette logique de négociation et prenne pleinement la mesure de ses fonctions, afin de dénouer cette impasse qui menace la stabilité du pays.
L’impasse budgétaire et ses faux-semblants
Le récent blocage parlementaire du Projet de Loi de Finances Rectificative (PLFR) 2026 par des élus du Pastef a rallumé les feux de la controverse sur les tensions qui agitent l’exécutif. Malaw Kanté a vivement remis en question l’attitude des parlementaires du parti majoritaire, estimant que le président doit désormais s’affirmer. Interrogé sur l’argument de la sincérité des prévisions budgétaires, avancé par Pastef pour justifier son opposition au texte, l’expert se montre sceptique. « Il n’y a pas eu véritablement d’excuse valable, surtout quand le peuple sénégalais fondait tant d’espoir sur ce vote », a-t-il déclaré, soulignant l’attente des citoyens.
Pour l’analyste, ces représentants devraient avoir favorisé une entente, au regard du contexte économique et social délicat du pays. Il est convaincu que cette décision découle davantage de calculs politiques que d’une réelle intention de servir le bien-être général des citoyens. Les tentatives de conciliation menées par l’exécutif pour rapprocher les positions n’ont, à ses yeux, pas abouti, prouvant que les pourparlers ont atteint leurs limites.
Une spirale de tensions étatiques
Malaw Kanté ne cache pas sa conviction : le Sénégal traverse à présent une crise des institutions déjà bien ancrée. Cette situation est exacerbée par les frictions persistantes entre les deux principales figures de l’exécutif et du pouvoir législatif. « Depuis 2024, des tensions ont d’abord affecté les plus hautes sphères du pouvoir entre les deux figures principales. Par la suite, la nation a été plongée dans une période d’incertitude économique, et à présent, le pays affronte une regrettable défaillance institutionnelle », a-t-il détaillé. Face à cette escalade, il exhorte le chef de l’État à cesser les pourparlers et à endosser entièrement ses responsabilités constitutionnelles. « Il ne reste qu’une option : que le président de la République endosse ses devoirs et dirige désormais les affaires du pays », a-t-il affirmé sur les ondes de la Rfm.
L’appel à la raison et la maturité citoyenne
Malgré ses inquiétudes sur l’état des institutions, Malaw Kanté ne s’attend pas à une résurgence des affrontements politiques qui ont agité le Sénégal en 2021 et 2024. Il estime que les citoyens sénégalais ont acquis une plus grande conscience politique et ne désirent plus connaître de pareilles agitations. Selon lui, les prochaines consultations électorales constitueront le principal moyen pour les citoyens d’exprimer leur désapprobation ou leur adhésion à l’action des dirigeants. « La population a gagné en sagesse civique », a-t-il soutenu, confiant que les votants patienteront jusqu’aux prochaines consultations électorales pour évaluer l’action des responsables politiques par le scrutin.



