Le refus du projet de loi de finances rectificative (PLFR) risque de repousser l’étape cruciale où le Fonds monétaire international (FMI) examine le programme de crédit de 2,2 milliards de dollars, avertit l’économiste Seydou Sow. Cette incertitude pourrait surtout toucher les entreprises qui attendent des paiements de l’État, mettant en danger la chaîne d’approvisionnement du BTP et des fournisseurs.
Un cadre budgétaire fragilisé
Seydou Sow souligne que le Conseil d’administration du FMI n’a pas encore validé la facilité de crédit de 36 mois. Sans un budget rectificatif voté, le plan budgétaire présenté aux créanciers perd en crédibilité. L’économiste estime que, plutôt qu’une rupture totale du programme, un report de l’examen est plus probable. La loi de finances initiale resterait en vigueur, mais ne refléterait plus la réalité des recettes et des dépenses.
Conséquences pour les entreprises et les arriérés
Selon l’analyse de Sow, les arriérés à régler s’élèvent à environ 1 956 milliards de FCFA. Le PLFR prévoyait 300 milliards de FCFA pour couvrir ces dettes, mais sans son adoption, les versements aux sociétés du BTP, aux fournisseurs et aux sous-traitants pourraient être différés. Cette situation mettrait en péril la trésorerie de nombreux acteurs économiques.
Déficit énergétique et options de l’État
L’expert note également un déséquilibre entre les subventions énergétiques inscrites dans le budget initial (250 milliards de FCFA) et les besoins réels qu’il estime à 790 milliards de FCFA. En l’absence d’une autorisation budgétaire, le gouvernement devrait soit engager des dépenses hors budget, soit répercuter la hausse sur les prix du carburant et de l’électricité, augmentant ainsi la pression sur les ménages.
Sur le plan du financement externe, le Sénégal a levé 55 milliards de FCFA le 23 octobre via les titres UMOA, alors que le calendrier officiel prévoyait 90 milliards de FCFA. Les taux d’intérêt ont dépassé 8 % pour toutes les maturités, témoignant d’un coût de financement plus élevé.
En définitive, le rejet du PLFR ne met pas seulement en jeu le calendrier du programme du FMI, mais crée également un effet domino sur la capacité de l’État à honorer ses engagements envers les entreprises locales. La décision du Parlement pourrait donc déterminer la stabilité financière du pays à moyen terme.



