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PI‑SPI contraint les transferts : des échecs qui plombent les portefeuilles mobiles

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Les Sénégalais qui utilisent leurs téléphones pour envoyer de l’argent ressentent dès les premiers jours une friction inattendue : leurs virements, autrefois instantanés, se heurtent à une nouvelle règle imposée par la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest.

Obligation soudaine et premiers dysfonctionnements

À compter du lundi 2 novembre 2026, toute opération entre différents services de monnaie électronique doit obligatoirement transiter par la plateforme de paiement instantané, la PI‑SPI. Ce changement coïncide avec l’extension du dispositif à l’ensemble des huit pays de l’UEMOA, où le nombre d’institutions connectées est passé de 74 à la fin 2025 à 80 le 24 juin 2026.

Le nouveau cadre a entraîné des échecs pour les usagers qui tentaient d’envoyer directement de leur compte bancaire vers leurs portefeuilles mobiles. Plusieurs témoignages rapportés par L’Observateur mentionnent des transferts destinés à Wave, Orange Money ou Flash qui n’ont pas abouti, sans qu’aucune période d’ajustement n’ait été annoncée.

Nouveaux plafonds : opportunités et limites

Le même 2 novembre, les limites maximales des comptes de monnaie électronique ont été doublées, passant de 2 à 4 millions de FCFA, tandis que le plafond mensuel des rechargements autorisés a augmenté de 10 à 15 millions. Au‑delà du seuil quotidien de gratuité de 8 000 FCFA par utilisateur, les frais applicables ne peuvent excéder 0,8 % du montant hors taxes, la réception demeurant gratuite.

Ces ajustements visent à faciliter des volumes plus importants d’échanges sur les portefeuilles mobiles, à un moment où l’interconnexion devient obligatoire.

Ce que prévoient les experts

Le professeur Souleymane Astou Diagne souligne que l’instantanéité et la disponibilité permanente constituent les principaux atouts de la PI‑SPI, qui permet de réaliser des paiements sans fournir de relevé d’identité bancaire. Il avertit toutefois que la gratuité des petits envois et la simplification des échanges pourraient réduire les revenus perçus par les opérateurs traditionnels.

Selon lui, les acteurs capables de diversifier leurs services au‑delà du simple transfert d’argent seront les mieux placés pour tirer parti de cette évolution. Un numéro de mobile peut désormais servir d’alias, évitant la saisie de coordonnées bancaires détaillées.

En définitive, la mise en œuvre immédiate de la PI‑SPI bouleverse les pratiques de paiement numérique, créant à la fois des obstacles temporaires et des perspectives de modernisation pour les utilisateurs sénégalais.

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