Accueil POLITIQUE Amadou Ba torpille le PLFR 2026 et exige son rejet définitif

Amadou Ba torpille le PLFR 2026 et exige son rejet définitif

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Lors de la séance de l’Assemblée nationale, le parlementaire Amadou Ba a déclenché une vive polémique autour du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026, en mettant en cause la sincérité des prévisions budgétaires présentées par le gouvernement.

Des chiffres qui suscitent le doute

Le député souligne que le déficit, fixé à 7,6 % du PIB, représenterait une hausse notable par rapport aux 5,4 % prévus l’an précédent. Selon ses calculs, le déséquilibre passerait de 1 245 milliards à 1 735 milliards de FCFA. Il rappelle que l’article 30 de la LOLF impose que les prévisions soient établies avec réalisme et prudence, critiquant ainsi la méthodologie employée.

Sur le volet des investissements, Amadou Ba indique que le budget alloue 2 248 milliards de FCFA, dont 1 115 milliards proviennent de ressources extérieures. À la fin du mois de septembre, seuls 471,5 milliards – soit 34,8 % du programme extérieur – avaient été déboursés. Il estime que pour atteindre le déficit annoncé, il faudrait encore libérer 644 milliards entre octobre et décembre, une perspective qu’il juge « totalement irréaliste » sans un accord avec le FMI.

Exigences de transparence et de contrôle

Le parlementaire reproche au ministère de n’avoir fourni que des résumés au lieu des documents détaillés demandés par la commission des Finances et du Contrôle budgétaire. Parmi les pièces attendues figurent les extractions du suivi budgétaire, le rapport d’audit du registre national unique (RNU), le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) sur la dette non financière, ainsi que le rapport Forvis Mazars relatif à la dette publique.

Il interroge également la réduction de 16 milliards de FCFA des crédits destinés aux abris provisoires et la baisse de 15 à 5 milliards des fonds alloués aux 25 centres de formation professionnelle. Concernant le paiement de 300 milliards de FCFA d’arriérés, il demande l’accès au rapport de l’IGE avant toute validation.

Une position ferme vis‑à‑vis du FMI

Tout en insistant sur la nécessité d’un accord avec le Fonds monétaire international, Amadou Ba précise que le PLFR ne montre pas clairement comment les trois objectifs du programme – soutenabilité budgétaire, protection des ménages vulnérables et préservation des dépenses publiques prioritaires – seront atteints.

« Je demande, pour qu’il n’y ait pas de renvoi et de dilatoire, que nos collègues votent la question préalable empêchant l’adoption de cette LFR et son renvoi définitif », a-t‑il déclaré, appelant à bloquer le texte afin d’éviter un nouveau report.

En appelant à un rejet définitif du projet, le député espère contraindre le gouvernement à réviser à la baisse le déficit annoncé, idéalement autour de 6 % du PIB, afin de garder la trajectoire visant un plafond de 3 % en 2027.

Cette prise de position pourrait remodeler le débat parlementaire sur les finances publiques, en mettant la transparence au cœur des négociations budgétaires à venir.

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