Le débat budgétaire de ce mardi a mis en lumière une fracture grandissante entre les parlementaires et le pouvoir exécutif, avec des répercussions directes sur les services que les Sénégalais attendent de l’État.
Des chiffres qui ébranlent la confiance publique
Alfonse Mané Samb, à la tête de la commission des lois et des finances, a contesté le pronostic de déficit fixé à 7,6 % du produit intérieur brut. Selon lui, la faible exécution des dépenses d’investissement offre une marge de manœuvre qui pourrait faire reculer ce ratio de un à deux points, à condition de réviser à la baisse les engagements d’environ 450 milliards de FCFA.
Coupe drastique des projets sociaux essentiels
Le député a pointé du doigt la réduction brutale des transferts d’eau, initialement prévue à 50 milliards de FCFA, désormais ramenée à 8 milliards dans les nouvelles prévisions. Il a également dénoncé la disparition des crédits destinés à ériger 35 nouveaux centres de santé, ainsi que la suppression des fonds pour les abris temporaires dans le secteur éducatif, touchant 46 écoles primaires et 46 collèges.
Exigences d’une transparence retrouvée
Au-delà des coupes, Alfonse Mané Samb a exprimé son inquiétude quant à la visibilité des données relatives à la dette et au déficit, ainsi que la protection du pouvoir d’achat des ménages. Il a souligné l’absence de certains documents indispensables aux députés, rappelant que l’Assemblée ne peut légiférer sans disposer de l’ensemble des informations. Tout en se déclarant ouvert au dialogue, il a appelé le gouvernement à revoir son approche et à associer pleinement les législateurs aux décisions budgétaires.
Si ces ajustements ne sont pas pris en compte, le risque est une perte de légitimité du pouvoir exécutif et un affaiblissement des services publics, ce qui pourrait accentuer le sentiment de trahison ressenti par la population.



