Le paysage politique sénégalais entre dans une phase de profonde recomposition. Au cœur des débats sur l’avenir des alliances, le ministre Abdourahmane Diouf, leader du mouvement Kiiraay, a surpris en lançant un vibrant appel à l’opposition. Sa proposition vise la formation d’une «grande coalition républicaine», une initiative qui se distingue clairement de la vision d’un parti unifié prônée par le président Bassirou Diomaye Faye et qui pourrait redéfinir les équilibres post-électoraux.
Deux visions de l’unité politique
Alors que le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a manifesté son intention de consolider les forces autour d’une formation politique unique – démarche déjà concrétisée par le ralliement du mouvement Le Sénégal En Mouvement vers l’Excellence (SEME-JI KOOM KOOM) dirigé par Serigne Guèye Diop – Abdourahmane Diouf avance une approche différente. Son «arc républicain» entend rassembler les acteurs préoccupés par la situation institutionnelle, notamment des partis comme l’APR, Rewmi, le PDS et l’AFP, sans exiger de fusion. L’objectif est de trouver des convergences avec le président, tout en permettant aux formations participantes de conserver leur identité et leurs aspirations propres. L’adhésion à Kiiraay n’est d’ailleurs pas une condition pour s’intégrer à cette alliance.
Une critique frontale de la majorité Pastef
Loin de toute neutralité, Abdourahmane Diouf n’a pas manqué de fustiger la majorité parlementaire issue de Pastef. Il leur reproche notamment une opposition systématique au budget, une attitude qui, selon lui, risque d’impacter négativement le quotidien des citoyens. Le ministre va plus loin, accusant ses détracteurs de fabriquer des problèmes pour ensuite se présenter comme les seuls capables d’apporter des solutions. Avec des mots forts, il a même déclaré que «Le patron de Pastef, c’est fini au plan politique», marquant une rupture claire et une volonté d’ouvrir un nouveau chapitre.
La préservation des institutions comme priorité
Au-delà des querelles partisanes, le ministre de l’Industrie et du Commerce place la sauvegarde des institutions au centre de sa démarche. Pour lui, la solidité de la République est un prérequis indispensable à toute ambition politique légitime, qu’il s’agisse de la présidence, d’un mandat de député ou d’une fonction ministérielle. Cet appel à une «grande coalition républicaine» s’inscrit donc dans une perspective plus large de stabilité et de fonctionnement démocratique, interrogeant la capacité des forces politiques à transcender leurs divergences pour le bien commun.
Cette double dynamique – un parti unifié autour du président et un «arc républicain» plus lâche – promet des mois passionnants pour l’échiquier politique sénégalais. Les réactions des partis d’opposition sollicités par Abdourahmane Diouf seront déterminantes pour dessiner les futures configurations de pouvoir.



