La Casamance, longtemps marquée par les ombres du conflit, voit renaître l’espoir. Un signe palpable de cette résilience se manifeste à travers le retour massif des populations dans leurs villages d’origine. C’est dans ce contexte de reconstruction que le gouverneur de Ziguinchor, Mor Talla Tine, a lancé un appel vibrant à la primauté du développement sur toute forme de confrontation, particulièrement à l’occasion des commémorations de la Toussaint.
Le souffle nouveau des terroirs retrouvés
Les chiffres parlent d’eux-mêmes et dessinent une nouvelle carte de la région. Sur les 244 localités jadis vidées de leurs habitants en raison des affrontements, une écrasante majorité, soit 203 villages, a de nouveau accueilli ses communautés. Cette évolution significative, confirmée par l’évaluation de l’ANRAC en novembre 2025, atteste d’une accalmie durable et de la détermination des Casamançais à reprendre le contrôle de leur destin. Iba Sané, le directeur général de cette agence, a partagé ces données encourageantes, soulignant la portée des efforts conjoints pour stabiliser la zone.
Du souvenir au projet : l’impératif du développement
Face à ce renouveau, Mor Talla Tine n’a pas manqué de rendre un hommage solennel aux victimes de la violence, qu’il s’agisse des militaires tombés pour la patrie ou des civils endeuillés. Cependant, au-delà du souvenir, son message se tourne résolument vers l’avenir. Le gouverneur exhorte avec force à une démarche constructive, insistant sur la nécessité de canaliser les énergies vers l’essor économique et social de la région. Il met en lumière le rôle crucial des forces armées, des partenaires internationaux et des organisations civiles dans ce processus de réhabilitation des terres et des esprits.
Le « Plan Diomaye » : un levier pour la transformation
Cette vision est d’ailleurs étroitement liée à une initiative étatique majeure : le Plan Diomaye pour la Casamance. Présenté comme un instrument essentiel d’accompagnement, ce programme vise à soutenir concrètement le retour des populations et la revitalisation des zones sinistrées. Le gouverneur a même qualifié cette approche de « heureuse trouvaille de l’État pour accompagner les populations dans leur volonté de retourner dans leurs terroirs d’origine », soulignant ainsi la pertinence d’une stratégie axée sur la reconstruction durable et l’autonomisation des communautés. La présence du Président Diomaye Faye à Dar es Salam, où ces annonces ont indirectement résonné, confirme l’importance accordée par l’exécutif à la résolution des défis régionaux.
Alors que la Casamance s’engage résolument sur la voie de la prospérité, l’appel à la paix par le développement lancé par Mor Talla Tine résonne comme une feuille de route claire. La capacité de la région à transformer ses défis passés en opportunités d’avenir dépendra de la pérennité de ces efforts et de la mobilisation continue de toutes les parties prenantes, pour que chaque village retrouvé soit un gage de stabilité durable.



