Les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026 promettent d’être un événement sportif d’envergure, mais pour l’artiste et organisateur Elzo JamDong, ils représentent bien plus qu’une simple compétition athlétique. Ambassadeur de cette rencontre planétaire, Elzo JamDong, de son vrai nom Elhadji Diallo, martèle une vision audacieuse : faire de ces JOJ une véritable rampe de lancement pour les innombrables talents et professions qui œuvrent dans l’ombre du spectacle. Il s’agit de transformer un rendez-vous sportif en un catalyseur économique pour la jeunesse africaine, en valorisant l’édifice complexe des industries culturelles et créatives.
Au-delà des projecteurs : Révéler la chaîne de valeur culturelle
Pour Elzo JamDong, rappeur, chanteur et auteur-compositeur-interprète élargi à l’événementiel, un spectacle ne se résume pas à l’artiste sur scène. Il est le fruit d’une « chaîne de valeur » dont chaque maillon est essentiel et mérite d’être mis en lumière. Stylistes, maquilleurs, danseurs, techniciens du son et de la lumière, régisseurs : ces professionnels discrets sont les piliers de toute production. À travers son propre Teaupla Show, devenu le Teaupla Festival, l’artiste démontre déjà la force de cette synergie. Son ambition est claire : offrir aux jeunes Sénégalais des débouchés concrets et pérennes, en exposant le potentiel économique souvent sous-estimé des carrières qui s’épanouissent loin des feux de la rampe.
Une impulsion pour les compétences locales et régionales
L’héritage des JOJ Dakar 2026 ne se mesurera pas uniquement aux infrastructures construites, mais surtout à l’éclosion des compétences locales et à l’intégration des entreprises du pays. Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a d’ailleurs souligné cette opportunité, appelant à faire des Jeux un « moteur d’inspiration, d’excellence et d’opportunités ». En ce sens, des initiatives comme la Dakar Learning Academy, qui vise à former plus de 400 jeunes aux métiers de l’organisation d’événements sportifs, sont cruciales. Elzo JamDong, avec son projet « Mën Na Nekk » — un film documentaire explorant les richesses régionales et leurs talents, réalisé en coopération allemande depuis 2022 et couvrant les quatorze régions du pays — pousse cette logique encore plus loin, insistant sur la nécessité d’impliquer les professionnels de tout le Sénégal, y compris hors de Dakar.
Défis et perspectives pour une intégration durable
Malgré ces efforts, une question demeure centrale pour les artisans et acteurs économiques sénégalais : celle de leur réelle intégration dans ces grands événements internationaux. L’expérience passée a parfois laissé un goût d’occasion manquée pour certains. Elzo JamDong interpelle ainsi les institutions, les exhortant à se rapprocher davantage de la jeunesse, à moderniser leur communication via le numérique et à soutenir les Maisons des cultures urbaines. Pour les musiciens en particulier, il plaide pour une meilleure structuration des carrières, une multiplication des scènes et une maîtrise accrue des droits d’auteur, citant l’exemple d’artistes peu connus qui parviennent à vivre décemment de leurs prestations régulières dans de petits établissements et d’une gestion rigoureuse de leurs déclarations. La pérennité de l’héritage des JOJ, qu’il s’agisse des onze infrastructures de proximité annoncées par le COJOJ le 3 octobre 2026 ou des formations, dépendra in fine de la capacité à faire une place de choix aux jeunes et aux compétences locales dans la vie même des Jeux.



