Le gouvernement sénégalais a franchi une étape décisive en officialisant le statut de fonctionnaire pour vingt‑huit coordinateurs des Maisons de justice, mettant ainsi un terme à une situation de travail précaire qui durait depuis plusieurs années.
Un tournant pour les acteurs de la médiation judiciaire
Jusqu’à présent, seuls cinq des trente‑trois coordinateurs du réseau national bénéficiaient d’un statut officiel. Les vingt‑huit restants œuvraient sans les garanties liées à un emploi public, malgré leur rôle essentiel dans la conciliation, la médiation et l’orientation des usagers du système judiciaire. Cette décision, prise sous l’impulsion du garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, répond à une revendication portée depuis 2022, lorsque les coordinateurs avaient saisi le Médiateur de la République.
Impact chiffré sur les citoyens et l’État
Depuis leur création, les Maisons de justice ont accueilli plus d’un million de personnes, facilitant le recouvrement de plus de cinq milliards de francs CFA de petites créances, selon les chiffres de l’Agence de presse sénégalaise publiés en mai 2026. En intégrant ces professionnels dans la fonction publique, le pays renforce la continuité de ce service de proximité, tout en assurant une protection sociale et des perspectives de carrière plus stables.
Les revendications qui ont conduit au changement
Le collectif de coordinateurs, qui avait dénoncé en novembre 2025 des écarts de rémunération, un manque de couverture sociale et l’absence de perspectives d’évolution, voit enfin ses demandes prises en compte. L’intégration officielle représente une reconnaissance de leur contribution au système judiciaire et un pas vers la réduction des inégalités de traitement au sein du secteur.
À l’avenir, cette mesure pourrait servir de modèle pour d’autres professions précaires du secteur public, tout en consolidant la confiance des citoyens envers les institutions judiciaires. Le gouvernement devra désormais veiller à la mise en œuvre effective de ces nouvelles dispositions et à la garantie d’un environnement de travail équitable pour l’ensemble des coordinateurs.



