Le débat autour du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 a pris une tournure critique, poussant le FMI à intervenir publiquement. Julie Kozack, responsable de la communication du Fonds, a rappelé que le respect du cadre budgétaire convenu est indispensable pour la poursuite du programme de 2,2 milliards de dollars signé avec le Sénégal.
Un affrontement institutionnel qui met en péril les engagements internationaux
Au cœur de la discorde, la majorité parlementaire et le pouvoir exécutif se livrent une lutte acharnée. Ousmane Sonko, à la tête de l’Assemblée nationale, avait menacé de bloquer l’adoption du texte, posant des conditions strictes. Le projet a d’ailleurs essuyé un premier rejet en commission, signe d’une impasse grandissante.
Le groupe parlementaire Pastef a justifié son opposition en invoquant des désaccords sur les arbitrages budgétaires, les modalités de financement retenues, ainsi que le manque de garanties offertes à l’Assemblée. Selon leurs dires, la chambre doit disposer de toutes les informations nécessaires pour exercer pleinement ses prérogatives, et ne saurait se réduire à un simple registre d’enregistrement.
Le FMI rappelle les enjeux essentiels du budget
Dans une conférence de presse, Julie Kozack a souligné que le débat budgétaire revêt une importance majeure. Elle a précisé que « un budget conforme aux paramètres convenus dans le cadre de l’accord au niveau des services et aligné sur les objectifs de cet accord, qui sont, bien entendu, ceux du Sénégal, est essentiel ». Les objectifs cités incluent la restauration de la viabilité budgétaire, la protection des ménages vulnérables et la préservation des dépenses publiques prioritaires.
Le Fonds a indiqué suivre de très près les discussions à l’Assemblée nationale, rappelant que de tels échanges sont habituels lorsqu’il s’agit de réformes financières d’envergure. Toutefois, il a insisté sur le fait que le respect des engagements pris avec le FMI demeure le pilier du programme de soutien.
Vers un nouveau dialogue ou une impasse prolongée ?
Face à la tension, le gouvernement a demandé le report de l’examen du PLFR en commission, afin de laisser davantage de place au dialogue. La commission des Finances et du Contrôle budgétaire doit se réunir le vendredi suivant, offrant une fenêtre pour réconcilier les positions divergentes.
Le résultat de ces pourparlers déterminera non seulement l’adoption du budget 2026, mais également la capacité du Sénégal à maintenir son programme avec le FMI, crucial pour la stabilité économique du pays.
En attendant, les observateurs scrutent chaque mouvement, conscients que le moindre faux pas pourrait compromettre des milliards de dollars d’assistance et affecter directement les populations les plus fragiles.



