Accueil POLITIQUE Pascal Tigri ciblé au Niger : 50 millions en jeu menacent la stabilité...

Pascal Tigri ciblé au Niger : 50 millions en jeu menacent la stabilité régionale

0
5

Une séquence diffusée par la chaîne publique nigérienne a mis au jour une intrigue qui dépasse les frontières du Bénin. L’inspecteur de police Habibou Oumarou Mamane raconte, sous serment, comment il aurait été sollicité pour localiser le colonel Pascal Tigri, figure centrale d’un coup d’État avorté le 07 décembre 2025 au Bénin.

Une mission secrète révélée à Niamey

Le 27 février 2026, l’inspecteur affirme avoir rencontré Ange Chekaraou autour d’un verre. Ce dernier l’aurait chargé de retrouver le colonel Tigri et d’organiser son exfiltration. Selon le témoignage, la proposition incluait « 50 millions de FCFA, des passeports diplomatiques béninois et des nominations comme chargés de mission ». Le même texte a été répété le 09 mars 2026, précisant que ces avantages seraient accordés à l’arrivée à la Présidence du Bénin.

L’inspecteur déclare ne pas être intéressé par les bénéfices, mais se propose de mettre à disposition des personnes capables de mener l’opération. Il indique également avoir reçu une somme d’argent conséquente de la part de Chekaraou, décrite comme un « frais de recherche ».

Des paiements énigmatiques et des identités floues

Habibou Oumarou Mamane relate que les Béninois auraient versé 5 millions de FCFA à Chekaraou, dont seulement 2 millions auraient été transférés à l’inspecteur, le reste restant non réclamé. Il précise avoir récupéré les 2 millions au grand marché de Niamey le même jour.

Plus tard, il aurait rencontré un individu se présentant sous le pseudonyme « David », prétendu directeur des opérations de la DGDSE du Bénin, dans un bar de Malanville. À ses côtés se trouvait « Ilou », un officier de police béninois connu depuis 2021. David aurait confirmé l’envoi de 5 millions de FCFA à Chekaraou pour la localisation du colonel et de ses hommes au Niger. L’inspecteur souligne toutefois que David n’était probablement pas le véritable directeur, mais un délégué mandaté pour la rencontre.

Il est essentiel de noter que le service de renseignement béninois ne porte pas le sigle DGDSE, mais se nomme officiellement DGS (Direction Générale des Services), anciennement DGSL.

Cette révélation soulève des questions majeures sur la coopération clandestine entre des acteurs de sécurité de deux pays d’Afrique de l’Ouest et sur les moyens financiers mobilisés pour soutenir des tentatives de renversement de pouvoir.

Si les autorités béninoises ne clarifient pas ces accusations, la confiance régionale pourrait être mise à mal, et d’autres opérations similaires risquent de se multiplier dans un contexte déjà volatile.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici