Le paysage politique sénégalais vient de subir un nouveau bouleversement : deux figures locales du Parti républicain pour le progrès (PRP) ont officiellement rompu leurs liens avec le mouvement de Déthié Fall pour s’inscrire dans les rangs du PASTEF.
Un double abandon au cœur du sud
À Kédougou, Sadio Keïta, coordinateur régional du PRP depuis 2022, a remis sa démission à son chef le lundi 26 octobre 2026. Dans sa lettre, il invoque des « divergences d’orientation politique » et précise son intention de rejoindre le parti des Patriotes. Dans la même journée, à Salémata, Amadou Dian Diallo, ancien coordinateur départemental, a transmis une missive au bureau exécutif national du PRP, expliquant que « mes convictions personnelles et ma vision pour l’avenir de notre nation s’alignent désormais plus étroitement avec le projet de société porté par le PASTEF ».
Contexte : le ministre renforce le soutien présidentiel
Ces départs surviennent quelques heures après la visite du ministre chargé des infrastructures et du transport routier à la Radio Futurs Médias (RFM). Lors de cet entretien, le ministre a confirmé son appui au président Bassirou Diomaye Faye et a rappelé son ancrage dans la dynamique présidentielle. Cette prise de parole a été perçue comme un rappel de l’alliance entre le gouvernement et le PRP, renforçant ainsi le contraste avec les nouvelles adhésions au PASTEF.
Implications pour le PRP et le mouvement de Sonko
Le départ simultané de ces deux responsables constitue le dernier épisode d’une série de désengagements qui fragilise le PRP, déjà sous pression. Déthié Fall, fidèle au président, maintient son soutien inébranlable à l’exécutif, mais la perte de cadres locaux pourrait affaiblir la présence du parti dans les zones de Kédougou et Salémata. De leur côté, le PASTEF gagne en visibilité et renforce son implantation régionale, profitant de la mobilisation de figures reconnues pour porter son programme.
En définitive, ces mouvements de troupes témoignent d’une recomposition du paysage partisan, où les convictions idéologiques et les stratégies locales se heurtent aux alliances nationales. Le temps dira si ce double basculement déclenchera une dynamique plus large au sein de l’opposition sénégalaise.



