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Pierre Atépa Goudiaby claque la porte du soutien étatique au secteur privé

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Le secteur privé sénégalais se trouve à un carrefour décisif. Alors que les entrepreneurs réclament davantage de financements, de préférence nationale et d’accès aux marchés publics, le texte de Pierre Atépa Goudiaby rappelle que la réussite collective ne peut dépendre uniquement des aides publiques.

Un appel à la responsabilité partagée

Le rédacteur souligne que les difficultés rencontrées – charges lourdes, incertitudes contractuelles ou retards de paiement – sont réelles, mais qu’elles ne justifient pas une passivité face aux exigences de transparence et d’éthique. Il invite chaque chef d’entreprise à examiner ses propres pratiques, à bannir les comportements de complaisance et à instaurer des règles internes strictes contre la corruption.

En outre, il propose que les organisations patronales adoptent des chartes d’intégrité, incluant des sanctions effectives pour les dirigeants qui dévient. Cette démarche viserait à créer un cadre où la compétence prime sur les relations personnelles, renforçant ainsi la crédibilité du secteur auprès de l’État.

Redéfinir le patriotisme économique

Selon l’auteur, le vrai patriotisme ne se mesure pas à la nationalité du capital, mais à la capacité à produire localement, à maîtriser les compétences et à générer de la valeur ajoutée. Une société à capitaux mixtes qui investit dans la transformation locale ou qui transfère des technologies peut être plus bénéfique qu’une entreprise purement importatrice.

Il encourage les entrepreneurs à réorienter une partie des profits issus du commerce, des services et de l’intermédiation vers l’industrie, la recherche et l’innovation. En diversifiant leurs investissements, ils pourraient contribuer à créer des emplois durables et à renforcer la chaîne de valeur sénégalaise.

Vers une coopération indépendante et durable

Le texte plaide pour un dialogue équilibré avec les autorités : les pouvoirs publics doivent fournir un cadre juridique stable, des financements adaptés et une passation de marchés claire, tandis que les chefs d’entreprise doivent rester libres de critiquer les manquements et de soutenir les initiatives constructives, quel que soit le gouvernement en place.

Enfin, il suggère de mutualiser les ressources – capitaux, réseaux et expertise – afin de créer des fonds d’investissement, des consortiums industriels et des programmes de mentorat pour les jeunes. Cette solidarité, loin d’être conditionnée par le statut ou l’influence, devrait reposer sur la transparence et l’équité.

En somme, la réussite individuelle ne doit devenir qu’un levier au service d’un progrès partagé, où chaque entrepreneur joue le rôle d’un acteur responsable au sein d’un Sénégal plus prospère.

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