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Kédougou, symbole d’une crise : Malik Ndiaye alerte sur la santé ORL des régions

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La carte sanitaire du Sénégal révèle des disparités profondes, particulièrement en ce qui concerne la prise en charge des affections Otorhinolaryngologiques (ORL). C’est le constat implacable dressé par le Professeur Malik Ndiaye, vice-président de la Société sénégalaise d’ORL et de chirurgie cervico-faciale, qui a lancé un appel vibrant depuis Dakar, en marge du 34e congrès de sa société. Au cœur de son message : l’urgence d’une refonte des infrastructures régionales pour garantir des soins accessibles à tous les Sénégalais.

La détresse des patients régionaux face au manque de moyens

L’exemple de Kédougou illustre avec acuité la réalité quotidienne de nombreuses populations éloignées. Le Centre hospitalier régional Amath Dansokho y possède l’unique appareil d’imagerie lourde, un scanner 16 barrettes. Malheureusement, cet équipement est en fin de vie et ses pannes récurrentes contraignent les patients à des évacuations parfois à des centaines de kilomètres, notamment vers Tambacounda. Des situations similaires, quoique moins dramatiques, poussent des praticiens à orienter des malades vers la capitale, même depuis des zones reculées.

Le Professeur Ndiaye souligne une nuance capitale : ce n’est pas la formation des spécialistes régionaux qui est en cause, mais bien le plateau technique déficient. Sans les outils adéquats, même les compétences les plus pointues ne peuvent être pleinement exploitées. Face à cette précarité, la direction de l’hôpital de Kédougou est contrainte de solliciter l’aide de partenaires, y compris des sociétés minières, pour pallier les carences structurelles.

L’appel pressant du Professeur Ndiaye : investir et former

Pour le spécialiste, la solution réside dans une double approche. Il est impératif de renforcer les équipements ORL dans toutes les structures sanitaires régionales. Cet investissement matériel doit être accompagné d’un soutien accru au personnel déjà en place, assurant ainsi une meilleure capacité d’intervention locale. Parallèlement, le Professeur Ndiaye insiste sur la nécessité de dynamiser la recherche dans ce domaine vital de la médecine. Plusieurs institutions universitaires contribuent déjà à la formation de ces professionnels, parmi lesquelles l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, l’Université Iba Der Thiam de Thiès et l’Université Assane Seck de Ziguinchor, prouvant l’existence d’un vivier de compétences à valoriser.

Au cœur du congrès : défis et avancées scientifiques

Le congrès annuel de la Société sénégalaise d’ORL ne se contente pas de dresser un état des lieux. Il constitue aussi une plateforme d’échanges essentiels sur les dernières avancées médicales. Les discussions ont notamment porté sur des pathologies complexes telles que les tumeurs naso-sinusiennes, les malformations vasculaires congénitales cervicales, la surdité et les otites moyennes chroniques, incluant le cholestéatome. Des experts internationaux ont enrichi les débats, partageant leurs expériences en matière de diagnostic et de traitement. Concernant les sinusites, le Professeur Ndiaye a rappelé la diversité de leurs origines – allergiques, bactériennes ou fongiques – en insistant sur la prévalence des formes allergiques et l’importance de mesures préventives, comme l’assainissement de l’environnement et la limitation de l’exposition à la poussière et à la fumée.

Vingt-huit ans après la tenue de son premier congrès en 1994, la Société sénégalaise d’ORL continue de se mobiliser pour une meilleure santé auditive et respiratoire. L’alerte lancée par le Professeur Malik Ndiaye est un rappel clair : la santé n’a pas de frontières régionales, et l’équité des soins est un pilier fondamental du développement national.

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