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SUTELEC sape la relance du contrat Senelec‑Akilee et menace le secteur électrique

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Alors que le gouvernement semble vouloir redonner vie à un accord déjà controversé, le syndicat unique des travailleurs de l’électricité (SUTELEC) tire la sonnette d’alarme, affirmant que la nouvelle proposition met en danger à la fois l’entreprise publique et les usagers.

Une opposition qui s’appuie sur des procédures bafouées

Le secrétaire général du SUTELEC, Mouhamed Habib Aidara, rappelle que le premier texte a été signé sous l’administration de Macky Sall, alors que Mouhamadou Makhtar Cissé dirigeait Senelec. À l’époque, les partenaires sociaux avaient déjà signalé que l’accord ne servait pas les intérêts de la société d’électricité.

Aidara indique que la relance ne repose sur un appel d’offres, ce qui, selon lui, viole les règles de transparence. Il précise que la société Akilee, qualifiée de start‑up, ne constitue pas une filiale de Senelec mais possède 34 % du capital de l’entreprise publique.

L’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) aurait relevé des irrégularités de conformité, tandis que l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) aurait transmis un rapport au chef de l’État, évoquant des faits tels que le détournement de deniers publics, l’escroquerie, la fraude fiscale et le non‑respect du code des marchés publics.

Des alternatives internes que le syndicat met en avant

Le SUTELEC souligne que Senelec dispose déjà de ressources capables de remplacer les prestations d’Akilee. Il cite notamment une unité de fabrication de compteurs, également détenue à 34 % par l’entreprise publique, ainsi qu’un réseau de fibre optique qui pourrait être mobilisé.

Des experts internes, réunis lors d’un atelier en septembre, ont démontré que les outils informatiques nécessaires à la communication avec les compteurs intelligents pouvaient être développés en interne, rendant superflue la dépendance à un prestataire extérieur.

Le syndicat rappelle également un précédent en Mauritanie, où un contrat similaire prévoyait l’installation de 350 000 compteurs en cinq ans, mais où seuls 8 000 ont été posés après quatre années, bien que ces chiffres restent à vérifier.

Appel à l’État pour protéger les usagers et les salariés

Aidara lance un appel direct au président de la République, au Premier ministre et au ministre de tutelle, demandant une lecture attentive du nouveau texte avant toute signature.

« Il faut d’abord examiner ce qui se cache derrière le contrat », insiste‑t‑il, rappelant que la priorité doit être donnée aux intérêts du Sénégal, des consommateurs et des travailleurs.

En l’absence de transparence, le syndicat menace de mobiliser ses membres pour empêcher la mise en œuvre d’un accord qu’il juge préjudiciable à l’ensemble du secteur électrique.

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