Le versement de 2,5 millions de dollars, issu de la saisie d’une propriété de l’ancien chef d’État Yahya Jammeh à Potomac, représente une étape majeure pour les victimes gambiennes qui réclament justice depuis la fin du régime.
Un afflux de 2,5 M$ sur le fonds de réparations
La commission nationale des réparations a confirmé que la somme, équivalente à 2,2 millions d’euros, a été directement versée sur le compte dédié du Fonds de réparations à la Banque centrale de Gambie. Cette injection financière est exclusivement réservée au règlement des indemnisations promises aux survivants et aux familles des personnes persécutées sous le mandat de Jammeh.
Les crimes qui justifient l’indemnisation
Le mandat de la commission recense des violations graves : entre 240 et 250 exécutions sommaires, disparitions forcées, viols, actes de torture, détentions arbitraires et même l’administration forcée d’un traitement factice contre le sida. Face à ces atrocités, la commission avait préconisé un budget global de 3,7 à 4 millions de dollars pour couvrir l’ensemble des dossiers reconnus comme éligibles.
Enjeux électoraux autour du passé de Jammeh
Le mouvement de jeunesse « Gambians Against Looted Assets » (GALA) a, le 8 octobre, exhorté le président Adama Barrow à répondre publiquement à un rapport détaillant la cession des avoirs de l’ex‑président. Barrow, qui se représente à l’élection du 5 décembre pour un troisième mandat, voit cette affaire raviver les critiques sur son gouvernement. Pendant ce temps, Jammeh, exilé en Guinée équatoriale depuis janvier 2017, conserve un réseau de soutien capable d’influencer le climat électoral malgré son absence du pays.
En résumé, le transfert de ces 2,5 M$ ne constitue pas seulement un paiement symbolique : il ouvre la voie à une réparation concrète pour les victimes et rappelle que les séquelles du passé dictatorial continuent de façonner la scène politique gambienne.



