Mardi, à Dakar, le secrétaire exécutif du CILSS, le Dr Abdoulaye Mouhamadou, a tiré la sonnette d’alarme. Il a dénoncé une situation alarmante à la fin de la campagne agro‑pastorale 2026, où l’insécurité alimentaire et le manque de fourrage menacent les populations rurales.
Une alerte qui dépasse le simple constat
Les prévisions relatives à la période de soudure prévoient une détérioration supplémentaire de la sécurité alimentaire au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Le cadre harmonisé anticipe une chute nette entre juin et août 2026, alors que les conflits restent intenses et les aides humanitaires s’amenuisent. Ces crises climatiques, sécuritaires et alimentaires érodent les moyens de subsistance, entravent le commerce et restreignent l’accès des foyers à une nourriture suffisante et appropriée.
Vers une stratégie de stockage repensée
Pour répondre à cette trajectoire, la mise à jour de la stratégie régionale de stockage doit harmoniser les volumes de réserves avec les plans nationaux d’intervention (APS). La réserve régionale de sécurité alimentaire constitue un levier stratégique pour anticiper et gérer les crises alimentaires, nutritionnelles et pastorales, en couvrant les besoins immédiats tout en soutenant un développement agricole durable. Le responsable du CILSS a souligné que les agriculteurs et les éleveurs doivent être davantage intégrés aux dispositifs de stockage, via des achats locaux et régionaux ainsi que la facilitation des échanges transfrontaliers. Ces mécanismes sont essentiels pour renforcer la capacité de la région à mobiliser les stocks au moment où les populations en ont le plus besoin.
Cette révision est conduite conjointement par la CEDEAO, l’UEMOA et le CILSS, qui devront aligner leurs actions pour garantir une réponse efficace aux défis alimentaires à venir.



