Le dimanche, le champion sénégalais Teungueth FC a subi une défaite 0-2 à domicile face à la Colombe sportive du Dja et Lobo en Ligue des champions de la CAF. Ce revers, lourd pour ses ambitions continentales, a instantanément ravivé le débat sur l’état du football national, accentué par la critique incisive de l’entraîneur Malick Daf.
La dure réalité du rythme compétitif
Directement après le coup de sifflet final, l’architecte du club rufisquois n’a pas mâché ses mots. Malick Daf a posé un diagnostic sans appel sur les freins qui entravent la performance des clubs sénégalais sur la scène africaine. Sa déclaration résonne comme un cri d’alarme : « On ne peut pas rayonner avec un championnat sans compétition ». La raison de cette amertume est claire : Teungueth FC n’avait pas foulé les pelouses pour un affrontement officiel depuis près de quatre mois. Le calendrier national, reporté, a privé le club d’une préparation adéquate, réduisant sa mise en condition à de simples matchs amicaux. Ces confrontations, aussi utiles soient-elles, ne sauraient reproduire la cadence et l’intensité d’une compétition officielle, un déficit crucial à l’approche des échéances continentales.
Les espoirs de Rufisque face à un défi systémique
Cette situation n’est pas un cas isolé pour Teungueth FC, qui, pourtant, a déjà montré sa capacité à briller en atteignant la phase de groupes de la Ligue des champions lors de la saison 2022-2023. Le club et son voisin, AJEL de Rufisque, engagé pour sa part en Coupe de la CAF, portent sur leurs épaules les espoirs de toute une ville après une saison historique en Ligue 1. Mais, comme le déplore Malick Daf, les équipes sénégalaises sont trop souvent confrontées à ce manque de confrontations officielles avant des rendez-vous africains de haute importance. Cet enjeu dépasse le seul cadre des clubs, impactant la visibilité et le rayonnement du football sénégalais. L’absence d’un rythme compétitif soutenu avant d’aborder des tours préliminaires cruciaux peut anéantir des mois d’efforts et d’investissements, compromettant la progression des talents locaux.
Nuances et responsabilités individuelles
Malgré sa critique acerbe du calendrier national, Malick Daf a tenu à apporter une nuance essentielle. Le technicien n’a pas imputé l’intégralité de la défaite aux seules circonstances du championnat. Il a également admis que des erreurs individuelles avaient rendu la tâche plus aisée à la formation camerounaise. Selon lui, le score de 0-2 ne reflétait pas fidèlement la physionomie globale de la rencontre. L’entraîneur a pointé du doigt, par exemple, une perte de balle de Raphaël Ndong sur le premier but encaissé, précisant que le joueur revenait d’une blessure contractée avec la sélection U23. La reconnaissance des failles internes, conjuguée aux carences systémiques, dresse un tableau complexe des défis pour le football sénégalais sur la scène continentale.
Le défi de la manche retour, avec deux buts à remonter, s’annonce colossal pour Teungueth FC. Au-delà de cette confrontation immédiate, les paroles de Malick Daf sont un appel à une introspection profonde sur l’organisation du championnat sénégalais. Pour que les clubs puissent véritablement « rayonner » en Afrique, il est impératif d’aligner les ambitions continentales avec une structure nationale garantissant un rythme de compétition constant et une préparation optimale. L’avenir du football sénégalais sur la scène internationale dépendra de sa capacité à surmonter ces obstacles systémiques et à cultiver la rigueur tactique.



