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Députés sénégalais : Mamadou Kassé prône le scrutin uninominal et un second tour

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Le débat sur la réforme du système électoral sénégalais prend une nouvelle dimension avec les propositions audacieuses de Mamadou Kassé. Face aux interrogations récurrentes sur la pertinence de la représentation nationale, cet ancien acteur politique esquisse une voie de transformation profonde, visant à tisser un lien plus solide entre les législateurs et les citoyens qu’ils servent. Son intervention récente remet en question les fondements mêmes de la désignation parlementaire, suggérant des ajustements qui pourraient redéfinir la dynamique politique du pays.

Pour une proximité citoyenne et une légitimité accrue

Au cœur des réflexions de Mamadou Kassé se trouve l’idée d’ancrer davantage les élus dans leur territoire. Il défend l’instauration d’une désignation des parlementaires au sein de circonscriptions clairement définies. Selon cette vision, chaque représentant serait directement issu d’une localité spécifique, permettant ainsi aux électeurs d’établir une connexion plus directe avec celui ou celle qui les défend à l’Assemblée. Pour compléter ce dispositif, il envisage l’adoption d’un système de vote à deux tours. Ce mécanisme interviendrait si aucun candidat ne parvient à obtenir la majorité absolue dès la première consultation, offrant ainsi une légitimité incontestable au futur député. L’objectif, tel que rapporté par Xibaaru suite à son passage au « Jury du Dimanche », est de renforcer la crédibilité des élus et de consolider leur rapport avec la population.

Inspirations et critiques du système actuel

Pour illustrer la pertinence de son approche, Mamadou Kassé s’appuie sur des exemples concrets, notamment le modèle français où les députés sont désignés à travers des circonscriptions, et non pas par le biais de listes nationales. Il préconise ainsi un choix des législateurs à l’échelle locale, où les prétendants solliciteraient directement le soutien des électeurs. L’urbaniste ne manque pas non plus de critiquer les limites du système existant, soulignant l’importance d’éviter qu’une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale, suivie de nouvelles élections, ne reproduise les mêmes équilibres de pouvoir et les blocages institutionnels observés. Ce constat sous-tend une réflexion plus large sur la nécessité d’une réforme des règles de représentation parlementaire. Il met également en lumière les enseignements tirés de la troisième phase de la décentralisation. D’après lui, l’évolution dans la désignation des dirigeants locaux – où la tête de liste gagnante accède directement aux fonctions de maire ou de président de conseil départemental – a permis de réduire significativement les manœuvres politiques et les compromis qui, selon ses dires, pouvaient altérer l’intégrité d’une liste unie après les suffrages.

Ces propositions de Mamadou Kassé s’inscrivent dans un contexte où plusieurs voix s’élèvent pour repenser la configuration démocratique du Sénégal, y compris l’idée de remplacer le mode de scrutin actuel par une désignation proportionnelle à l’échelle départementale. En appelant à une désignation uninominale et à un vote en deux étapes, il soulève des questions fondamentales sur la nature de la représentation et la responsabilité politique. Une telle réforme, si elle était adoptée, pourrait transformer en profondeur le paysage politique sénégalais, en favorisant une meilleure adéquation entre les attentes des citoyens et l’action de leurs représentants à l’Assemblée nationale.

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