Le paysage politique sénégalais s’anime sous l’œil critique d’Aly Ngouille Ndiaye. L’ancien ministre de l’Intérieur, aujourd’hui à la tête du Parti pour la souveraineté et le développement (PSD Njariñ), n’a pas mâché ses mots sur plusieurs dossiers brûlants de l’actualité nationale, de la conduite des enquêtes parlementaires aux stratégies électorales futures. Ses déclarations, recueillies par Senegal7, bousculent les certitudes et interrogent la légitimité de certaines dynamiques institutionnelles.
Les commissions d’enquête parlementaires sous le feu des critiques
Au cœur de ses préoccupations, les commissions d’enquête actuellement actives au sein de l’Assemblée nationale. Si Aly Ngouille Ndiaye reconnaît que, dans toute démocratie normale, les personnes interpellées devraient s’y présenter pour éclaircir des points, il émet de sérieuses réserves sur la forme que prennent ces auditions. « J’ai apprécié certaines questions, mais je n’en ai pas apprécié d’autres. Ce n’est ni la Cour des comptes, ni l’IGE, encore moins la Police ou la Gendarmerie. Mais quand tu les suis, parfois tu te demandes où ils se croient être », a-t-il affirmé, pointant du doigt ce qu’il perçoit comme un dévoiement de leur rôle.
L’ancien ministre a par ailleurs mis en lumière une apparente contradiction chez certains acteurs politiques actuels. Il a rappelé que le président de l’Assemblée nationale, il y a quelques années, avait lui-même exprimé son désintérêt pour de telles commissions, jugeant leur utilité discutable. Il a également cité Birame Souleye Diop et Guy Marius Sagna, ce dernier se comportant selon ses mots « comme un substitut », ayant par le passé tenu des propos similaires. Cette observation soulève une question centrale sur la cohérence des positions politiques au fil du temps : « Donc, qu’est-ce qui a changé entre-temps ? »
Défense d’un magistrat et perspectives électorales
Malgré ses critiques, Aly Ngouille Ndiaye a salué la performance d’Abdou Karim Fofana, ancien ministre de l’Urbanisme, devant la commission, qu’il a jugée maîtrisée et pertinente. Il a également abordé la controverse autour des villas attribuées à l’ancien procureur Serigne Bassirou Guèye. Pour le leader du PSD Njariñ, ce dernier est un « ayant droit », soulignant la nature risquée de ses fonctions de magistrat et la nécessité d’un domicile, à l’image d’autres fonctionnaires bénéficiant d’avantages similaires, comme les agents des Impôts et Domaines pour les terrains.
Sur le plan électoral, Aly Ngouille Ndiaye a partagé ses prévisions et la stratégie de son parti. Il estime qu’un couplage des élections législatives et locales n’est « pas dans l’intérêt du pouvoir actuel ». Quant à la présente législature, il a été catégorique : « Si c’était moi, j’aurais dissous l’Assemblée nationale. Mais peut-être pas le 2 décembre. J’aurais pris un peu plus de temps ». Concernant les alliances, le PSD Njariñ se positionne avec pragmatisme : toutes les options sont sur la table, que ce soit avec le régime en place ou d’autres formations. L’unique boussole sera l’intérêt du parti, qui se concentre actuellement sur sa campagne d’adhésion.
Les prises de position d’Aly Ngouille Ndiaye dessinent le portrait d’un acteur politique attentif et critique, prêt à naviguer les complexités de la scène sénégalaise avec une approche guidée par les intérêts de sa formation et une vision affirmée des institutions. Son regard sur les commissions parlementaires et les échéances électorales promet de continuer à alimenter le débat public.



