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Retail ATI encaisse 1,446 milliard CFA, la facture qui secoue le programme étudiant

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Le programme « Un étudiant, un ordinateur », lancé en 2017 avec un budget de 48 milliards de francs CFA, se retrouve au cœur d’une tempête financière. Une facture de 1 446 275 000 francs CFA aurait été versée à la société Retail ATI, alors même que les livraisons réelles restent très floues.

Des sommes colossales, des livraisons manquantes

Lors de la séance du 8 octobre 2026, sous la direction du député El Hadji Guèye, la commission a entendu plusieurs acteurs du secteur. Selon les témoignages, Mamadou Sow aurait reçu en novembre 2024 un bon de livraison attribué à Oumou Group, mais les 2 000 ordinateurs inscrits n’auraient jamais été acheminés. La pression exercée pour signer le document a été soulignée comme un élément perturbateur.

Par ailleurs, plus de 800 machines, prétendues livrées et payées, se seraient révélées défectueuses, jetant le doute sur la qualité du matériel fourni aux universités, notamment à l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane.

Une toile de comptes bancaires et d’instructions ambiguës

Le gestionnaire de comptes Baba Ndiaye, en poste depuis 2019, a détaillé l’existence de plusieurs comptes ouverts chez Ecobank, Bank of Africa et UBA. Il a précisé que son rôle se limitait au compte de dépôt, tandis que d’autres comptes relevaient du Directeur général de l’Enseignement supérieur et du Directeur du financement de l’Enseignement supérieur.

Selon la plateforme Xalima, la facture sus‑susmentionnée aurait été réglée à Retail ATI, bien que cette société ne figure pas comme bénéficiaire officiel. Aboubacry Niane, directeur indiqué dans les échanges, aurait donné les consignes de paiement à Ndiaye.

Quelles implications pour les étudiants sénégalais ?

Si les investigations confirment des irrégularités, le programme risque de perdre la confiance des jeunes qui comptaient sur ces outils numériques pour leurs études. Le coût élevé, couplé à des retards de livraison et à la défaillance de matériel, pourrait freiner la transition digitale du système éducatif.

Pour l’instant, les auditions ne permettent pas d’affirmer un détournement avéré, mais la commission poursuit son examen afin d’identifier la transaction exacte, l’entreprise réellement censée percevoir les fonds, et les documents qui ont justifié ce paiement massif.

Le suivi de cette affaire pourrait redéfinir les procédures d’appel d’offres et renforcer les contrôles financiers au sein du ministère de l’Éducation, afin d’éviter que de tels écarts ne se reproduisent.

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