Alors que le secteur hôtelier sénégalais se prépare à accueillir davantage de touristes, le personnel du Radisson Diamniadio se retrouve au cœur d’une bataille juridique et sociale. Après avoir été expulsés du site par la gendarmerie en janvier 2026, les travailleurs reviennent sur le devant de la scène, déterminés à obtenir reconnaissance et justice.
Des revendications qui s’amplifient
Le 7 octobre 2026, les salariés se sont rassemblés au siège de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS) pour formuler leurs demandes. Ils réclament l’intégration de l’ensemble du personnel, le respect intégral des contrats en cours ou, à défaut, le paiement complet de leurs droits. Les propositions de départ et les blocages imputés à la direction sont fermement rejetés.
Omar Gaye, à la tête des délégués du personnel, indique que des discussions ont eu lieu avec le ministère du Travail afin de désamorcer le différend. Les employés ont participé aux entretiens organisés dans le cadre de la reprise de la gestion par l’État, après avoir été informés que le nouveau gestionnaire maintiendrait leurs emplois.
Des conditions détériorées et des salaires en suspens
Malgré ces assurances, plusieurs salariés ont reçu des offres de contrats temporaires, jugées moins avantageuses que leurs accords initiaux. D’autres signalent des mois sans rémunération et l’absence de documents administratifs attestant de leur statut professionnel.
En janvier 2026, après l’expulsion des grévistes, le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Ba, avait reçu les représentants des travailleurs et promis une issue étatique. Cette entrevue n’a toutefois pas abouti aux exigences actuelles.
Exigence de changement à la tête du SOGIP
Les manifestants appellent également au limogeage de Dame Mbodj, directrice générale de la Société de Gestion des Infrastructures Publiques dans les Pôles Urbains de Diamniadio et du Lac Rose (SOGIP SA). Ils exhortent les ministères du Travail et du Tourisme à intervenir rapidement. « Ce n’est pas à la SOGIP de décider seule du sort des travailleurs » déclarent-ils.
Le conflit met en lumière les défis de la transition de la gestion publique vers le secteur privé, tout en soulignant la nécessité d’un cadre protecteur pour les employés du tourisme au Sénégal.
Si les autorités ne parviennent pas à répondre aux exigences, le risque d’une nouvelle mobilisation, voire d’une interruption des services hôteliers, pourrait affecter l’image du pays auprès des visiteurs internationaux.



