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Dakar accueille le premier salon de l’aquaculture, enjeu clé de souveraineté alimentaire

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Dakar est en pleine effervescence avec l’inauguration du premier Salon international de l’aquaculture. Pendant trois jours, la capitale sénégalaise devient le carrefour des ambitions pour une filière jugée stratégique. Cet événement majeur, orchestré par l’Agence nationale de l’aquaculture (ANA) et Atlantique Maritime, vise à propulser le Sénégal vers une autonomie alimentaire renforcée, en valorisant un secteur encore largement inexploité mais riche en promesses.

L’aquaculture, pilier de l’autosuffisance alimentaire du Sénégal

Longtemps perçu comme un complément à la pêche traditionnelle, l’élevage aquatique est désormais au cœur de la stratégie nationale. En 2024, les chiffres témoignent d’un démarrage encourageant : 2 074 tonnes de production aquacole ont été enregistrées, créant 3 045 emplois directs au sein de 342 fermes suivies. Cependant, le potentiel est bien plus vaste. Ousmane Diagne, le ministre chargé de l’Élevage, a clairement formulé l’impératif d’accroître ces volumes. Il a souligné la nécessité d’investir massivement dans l’innovation, de nouer des partenariats solides et de stimuler l’investissement pour que la filière puisse atteindre sa pleine maturité.

Les enjeux dépassent les seules statistiques de production. Il s’agit de garantir une sécurité alimentaire durable pour la population sénégalaise, de créer des opportunités économiques en milieu rural et de réduire la dépendance aux importations. Le Dr Samba Ka, directeur général sortant de l’ANA, a présenté ce salon comme un catalyseur essentiel pour structurer l’écosystème aquacole et promouvoir des pratiques respectueuses de l’environnement, assurant ainsi une croissance pérenne.

Un carrefour d’expertises et d’investissements internationaux

Le salon rassemble une soixantaine d’exposants, des chercheurs aux producteurs, en passant par les investisseurs et les financiers. Cette diversité reflète la volonté de créer un écosystème complet et dynamique. Saïd Memene, président d’Atlantic Mariculture, a vivement plaidé pour la mise en place d’une plateforme collaborative permanente, réunissant les experts scientifiques, les éleveurs, les pourvoyeurs de capitaux et les décideurs publics. Cette synergie est jugée indispensable pour accélérer le développement de la filière.

L’aspect international est également prédominant. L’Espagne, désignée invitée d’honneur, a déployé une délégation de plus de dix entreprises. Son ambassadrice, Maria Dolores Rios Peset, a exprimé l’enthousiasme de Madrid pour l’avenir de l’aquaculture sénégalaise, qu’elle juge « très prometteur ». L’Espagne envisage d’encourager activement les investissements directs de son secteur privé au Sénégal, témoignant de l’attractivité grandissante du pays dans ce domaine.

À l’échelle mondiale, l’aquaculture représente déjà 102,7 millions de tonnes en 2024, soit 53 % de la production totale d’animaux aquatiques, selon les données de la FAO. Les projections pour 2034 atteignent 119 millions de tonnes. Dans ce contexte international en pleine expansion, le Sénégal se positionne stratégiquement pour capter une part significative de cette croissance, transformant un défi alimentaire en une véritable opportunité économique nationale.

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