Le scandale autour d’un praticien traditionnel secoue la confiance des Sénégalais envers les « marabouts ». L’affaire, suivie de près par les médias, expose les dérives possibles d’un secteur souvent perçu comme salvateur.
Des accusations graves et les preuves génétiques
Une femme mariée, dont l’époux réside à l’étranger, a sollicité les services de B. Souaré afin d’obtenir un enfant. Après avoir consommé une mixture, elle affirme avoir été agressée à trois reprises par le praticien. La plainte officielle a été déposée le 11 septembre 2021 au poste de police de Golf Sud, alors qu’elle était enceinte de cinq mois.
Le suspect aurait ensuite proposé, contre 35 000 FCFA, un breuvage censé interrompre la grossesse. Face aux dénégations du prévenu, les experts de l’IRESSEF ont réalisé une analyse ADN basée sur vingt‑cinq marqueurs génétiques, confirmant qu’il était le père biologique du bébé.
Les enjeux judiciaires et les revendications financières
Le procureur de la République a requis une peine de quinze ans d’emprisonnement, incluant les chefs de viol, de charlatanisme et de tentative d’avortement. De son côté, l’avocat de la partie civile a réclamé une indemnisation de dix millions de FCFA pour le préjudice subi.
La défense, portée par Me Abdoulaye Sene, soutient que les rapports étaient consentis et conteste la qualification de viol. Le débat juridique porte ainsi sur la frontière entre consentement et abus dans le cadre de pratiques traditionnelles.
- Accusations : viol, escroquerie, tentative d’avortement
- Peine demandée : 15 ans de réclusion
- Domages réclamés : 10 000 000 FCFA
Cette affaire pourrait entraîner une réévaluation des contrôles et de la régulation des praticiens de la médecine traditionnelle, au regard de la protection des droits des citoyens.
En conclusion, le verdict à venir risque de marquer un tournant dans la manière dont la justice sénégalaise traite les délits commis sous le couvert de la tradition, tout en rappelant l’importance d’une vigilance accrue pour prévenir de tels abus.



