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Abdourahmane Sarr alerte : la dette du Sénégal grimpe à 105 % du PIB

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Lors d’une réunion virtuelle le 6 octobre 2026, l’ancien ministre des Finances, Abdourahmane Sarr, a souligné que le nouveau calcul du PIB pousse le ratio dette/PIB du Sénégal à 105 % pour 2025, tandis que le déficit atteint 5,4 % du même indicateur. Cette évolution remet en question la nécessité d’imposer des pertes aux créanciers privés, au moins pour l’instant.

Un rebasing qui renverse les comptes du pays

Le rebasing du produit intérieur brut, opération statistique visant à actualiser les bases de calcul, a fait bondir le poids de la dette au‑delà du seuil critique du cent pour‑cent. Selon Sarr, cet ajustement rend moins pressante l’idée de « cobayer » les créanciers privés, mais il refuse que le Sénégal devienne un expérimentateur des politiques de remboursement. Il insiste sur le fait que la simple restauration de la soutenabilité budgétaire ne suffit pas à déclencher une vraie remise en ordre de la dette.

Les conditions du financement de 2,2 milliards de dollars

L’accord de principe signé le 1er septembre 2026 avec le Fonds monétaire international (FMI) ouvre la porte à un programme de 2,2 milliards de dollars, soit environ 1 243 milliards de francs CFA. Sarr précise que ce financement ne pourra être débloqué que si les modalités sont jugées favorables, notamment en ce qui concerne la transparence des dettes cachées et la refondation des structures économiques de l’État. Il rappelle que les créanciers officiels, y compris les institutions multilatérales, ont déjà débloqué des fonds pour des projets non budgétés, souvent exécutés par leurs propres entreprises.

Vers une restructuration qui reste en surface

Le processus de viabilité, actuellement revu pour les pays à faible revenu, doit convaincre les créanciers privés avant que le FMI ne donne son feu vert. Sarr qualifie la démarche actuelle de « principalement cosmétique », soulignant que l’approbation du programme prévue en novembre, suivie de la finalisation de la restructuration en décembre, ne doit pas se limiter à des ajustements comptables. Il demande que les détenteurs de titres en FCFA hors UEMOA ne subissent aucune perte et que la loi de finances rectificative, en cours d’examen à l’Assemblée nationale, serve de socle solide à toute décision.

En définitive, Abdourahmane Sarr mise sur une convergence des visions budgétaires et sur un financement qui soutienne réellement la transformation structurelle du pays, plutôt que sur des mesures temporaires qui masqueraient les vulnérabilités sous-jacentes.

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