Le détournement de bijoux appartenant à la célèbre présentatrice de la TFM a déclenché une onde de choc dans le paysage médiatique sénégalais, soulevant des questions de sécurité et de confiance autour des personnalités publiques.
Une escroquerie qui secoue le milieu médiatique
Le 24 juillet 2026, des individus ont pénétré le domicile d’Awa Traoré, plus connue sous le nom d’Eva Tra, et ont emporté des pièces évaluées à 14 millions de FCFA. Selon le récit du fils, B.W. Seck, un appel prétendant provenir d’un agent de la Sonatel a été le point d’entrée du stratagème. On lui aurait demandé d’ouvrir une armoire, de placer les objets dans un sac puis de le remettre à un chauffeur de taxi.
Eva Tra, alors occupée dans son atelier de couture, a reçu une avalanche d’appels privés, dont certains masqués, avant d’entendre une voix se présenter comme « Allô maman ? ». Après une négociation de 17 minutes, les malfaiteurs ont exigé l’identification de pièces spécifiques, notamment les numéros 18 et 21, avant de proférer des insultes à son encontre.
Le déroulé des accusations et des défenses
Deux suspects ont été traduits devant le tribunal des flagrants délits de Dakar : Mouhamed Coulibaly, commerçant de 40 ans originaire de Taïba Niassène, accusé d’escroquerie, et Baye Guèye, peintre de 41 ans de la même localité, poursuivi pour recel. Coulibaly porte déjà une condamnation de six mois pour abus de confiance. Les enquêteurs ont présenté des preuves techniques, dont la localisation d’un téléphone Motorola lié à l’affaire, malgré la protestation du prévenu qui affirme n’utiliser qu’un appareil Oppo.
Guèye, qui prétendait être à Kaolack pour son travail artistique, a nié toute implication, évoquant une commission de 400 000 FCFA qu’il aurait perçue pour des médicaments destinés à sa mère malade. Il a ensuite affirmé que les déclarations recueillies contre lui avaient été obtenues sous la contrainte.
Enjeux juridiques et répercussions attendues
La Sonatel, partie civile, a demandé un million de FCFA pour usurpation de fonction, tandis que les avocats d’Eva Tra, Aboubacry Barro et Fatoumata Sall, ont réclamé 100 millions de FCFA en dommages‑intérêts, qualifiant les deux hommes d’« escrocs intelligents ». Sall a souligné l’existence possible d’un réseau transfrontalier entre le Sénégal et la Gambie, et a dénoncé les 17 appels qui auraient visé à empêcher la victime et son fils de communiquer.
Le parquet a requis, pour chaque prévenu, une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme, s’appuyant sur les éléments techniques et les antécédents judiciaires. La défense de Coulibaly, assurée par Me Abdou Aziz Diop, a mis en avant le doute raisonnable, rappelant que le téléphone incriminé était inactif depuis le 14 avril 2025 et que son client attendait un financement de 30 millions de FCFA pour un projet d’hivernage.
Le jugement a été renvoyé en délibéré le 9 octobre 2026, laissant la communauté médiatique dans l’attente d’une décision qui pourrait redéfinir les mesures de protection des personnalités publiques.



