Alors que les foyers sénégalais subissent des coupures d’électricité récurrentes, l’ancien ministre de l’Énergie, Thierno Alassane Sall, a lancé une offensive verbale contre la gestion actuelle de la Senelec, en soulignant une dépense quotidienne de l’ordre du milliard de francs CFA pour le diesel.
Une facture énergétique qui explose
Dans une tribune publiée récemment, il a rappelé que la centrale de West African Energy fonctionne encore au Diesel Oil, alimentée par des camions-citernes. Selon ses propres calculs, ce mode d’alimentation représente un coût quotidien de un milliard de francs CFA. Cette dépense, il l’associe à l’absence d’une transition vers le gaz, plus économique et moins polluant.
Des coupures qui favorisent la capitale
Le ministre sortant a également critiqué la répartition des délestages, affirmant que les zones de l’intérieur, notamment Thiès, subissent la plus forte pénalité, tandis que Dakar et sa périphérie restent largement épargnées. Il a explicitement rejeté l’idée d’un sabotage, insistant sur le fait que les choix de gestion sont à l’origine de la crise.
Sur le plan des importations, Thierno Alassane Sall a indiqué que le Sénégal dépend désormais de 200 MW d’électricité en provenance de la Guinée en 2026, un volume qu’il juge insuffisant pour combler le déficit actuel, lequel dépasse les niveaux de la crise de 2011. En 2023, le pays exportait pourtant 120 MW vers la Guinée, 60 MW vers la Gambie et 40 MW vers la Mauritanie, soulignant ainsi l’incohérence entre exportations passées et besoins actuels.
Le politicien a annoncé qu’il reviendrait bientôt devant le public pour détailler les décisions politiques qui, selon lui, ont conduit à la situation actuelle, promettant de mettre en lumière les dérives de la gestion énergétique.
Cette prise de parole pourrait déclencher un débat national sur la nécessité de réviser les contrats d’approvisionnement, d’accélérer la conversion au gaz et de rééquilibrer la distribution de l’électricité afin d’éviter que les populations de l’intérieur restent à la marge.



