Dakar s’engage résolument à maximiser les retombées de ses richesses souterraines. Une réforme d’envergure du Code minier est en gestation, avec la ferme intention d’accroître la participation des entreprises sénégalaises dans la chaîne de valeur. Cette initiative, pilier de la souveraineté économique, est portée par l’exécutif pour garantir que les bénéfices des extractions profitent pleinement à la nation.
L’ambition d’une transformation locale radicale
Sous l’impulsion du Premier ministre Mouhamadou Al Amine Lo, la refonte du secteur vise la pleine autonomie économique. Un cap audacieux est fixé : atteindre 50 % de traitement des extraits tels que le fer, l’or et les phosphates, directement sur le sol sénégalais. Cette stratégie, loin de se limiter à l’exportation de matières brutes, ambitionne de développer une industrie de transformation créatrice d’emplois et de valeur ajoutée locale, assurant ainsi une meilleure répartition de la richesse générée par les ressources nationales.
Les failles du cadre actuel pointées du doigt
Cependant, le ministre des Mines et de la Géologie, Cheikhou Oumar Seck, a récemment souligné des lacunes majeures dans le cadre actuel. Lors d’un échange avec l’APS, il a mis en lumière l’inexécution de diverses mesures édictées par la législation de 2016, pointant des défaillances dans son application et le suivi de ses prescriptions. Ces révélations ont été faites lors d’un séminaire dédié à la présentation du projet de nouvelle loi, rapporté par lesoleil. Contrairement aux précédentes moutures de 1988 et 2003, qui avaient efficacement stimulé les investissements et actualisé l’armature légale, le texte de 2016 semble avoir rencontré des obstacles significatifs dans sa concrétisation.
Une refonte stratégique en marche
Face à ce constat, le gouvernement agit. Une commission spéciale, installée dès juillet 2024, est activement engagée dans la réévaluation d’environ trente conventions minières existantes. Le processus de réforme, en cours depuis presque deux ans, a intégré les contributions de multiples acteurs du domaine pour bâtir un consensus robuste. Le texte législatif révisé devrait être finalisé avant la fin de 2026, posant les bases d’un environnement réglementaire plus transparent et plus bénéfique pour l’économie sénégalaise.
Cette démarche marque un tournant historique pour le Sénégal, qui entend désormais maîtriser davantage son destin économique en tirant pleinement parti de son potentiel minier. La perspective d’une transformation locale accrue promet de redéfinir le rôle du pays sur l’échiquier des ressources mondiales, en privilégiant le développement endogène et la prospérité partagée.



