Le Projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 dévoile un manque budgétaire de 1 735,2 milliards de FCFA, ce qui équivaut à 7,6 % du produit intérieur brut. Cette situation pousse le gouvernement à réévaluer les priorités de dépense, alors que les recettes prévues reculent à 5 848,7 milliards de FCFA, soit 340,1 milliards de moins que les prévisions initiales.
Une explosion des aides énergétiques qui déséquilibre les comptes
Le volet dédié à l’énergie passe de 250 à 790,3 milliards de FCFA, soit une hausse de 540,3 milliards. Le professeur Amath Ndiaye, de la Faculté des Sciences économiques et de gestion (FASEG) à l’UCAD, attribue ce rebond aux prix internationaux du pétrole qui restent élevés et à un retard dans l’ajustement des tarifs domestiques. Cette charge supplémentaire pèse lourdement sur l’équilibre budgétaire.
Le Plan de redressement économique et social (PRES) en perte de vitesse
Les ressources attendues du PRES sont revues à la baisse, passant de 762,9 à 311,5 milliards de FCFA, une diminution de 451,4 milliards, soit 59 %. Au premier semestre, le PRES n’a mobilisé que 140,7 milliards contre un objectif de 221,1 milliards, illustrant la difficulté à atteindre les objectifs de financement.
Parallèlement, les recettes fiscales diminuent tandis que les dépenses de fonctionnement augmentent. La fiscalité sur les jeux de hasard, par exemple, voit son rendement prévu chuter à 120 milliards de FCFA au lieu des 300 milliards annoncés, accentuant la pression sur les finances publiques.
Face à ce tableau, l’Assemblée nationale doit examiner le PLFR 2026 et décider des arbitrages entre investissements, soutien énergétique et aides sociales. La révision à la baisse de la croissance économique, désormais estimée à 2,7 %, ajoute une couche d’incertitude quant à la capacité du pays à absorber ce choc budgétaire.
En définitive, le déficit record et la flambée des subventions énergétiques annoncent une période de contraintes accrues pour les ménages sénégalais, qui verront leur pouvoir d’achat comprimé tant que les ajustements structurels tarderont à se mettre en place.



