Alors que près de la moitié du produit intérieur brut du Sénégal est générée dans une zone ne couvrant que trois‑tenthes du pays, le gouvernement mise sur une injection financière massive pour rééquilibrer la répartition des richesses.
Un financement colossal pour désengorger la capitale
Durant la mission européenne du MUCTAT, le ministre Moussa Bala Fofana a signé à Milan un accord d’investissement d’une valeur de 3,5 milliards d’euros, soit environ 2 300 milliards de FCFA, étalé sur sept ans. Le premier volet, un projet pilote de 50 millions d’euros, doit être lancé sans délai afin de démontrer la viabilité du modèle.
Des zones ciblées pour une nouvelle dynamique régionale
Le dispositif prévoit la mobilisation de 35 000 hectares de terrain, dont 15 000 dédiés aux zones industrielles et 20 000 destinés à l’habitat. Cette répartition vise à créer des pôles de production et de logement en dehors de Dakar, offrant ainsi de nouvelles perspectives d’emploi aux populations de l’Est et du Sud du pays.
Parallèlement, une plateforme numérique d’accès au logement, déjà consultée par plus de 300 000 demandeurs, sera officialisée en octobre lors du forum SENHABITAT. Elle ambitionne de raccourcir les délais entre l’offre et la demande, tout en simplifiant les procédures pour les ménages et les promoteurs.
Des mécanismes de garantie et de suivi des fonds
Le montage financier inclut une traçabilité rigoureuse des capitaux et des garanties institutionnelles, afin d’assurer la sécurité des investissements privés. Un véhicule d’investissement immobilier sera créé pour financer la restructuration urbaine, le renouvellement des quartiers et le logement abordable, en s’appuyant sur le foncier, l’ingénierie financière et les partenariats public‑privé.
Des acteurs italiens spécialisés dans la construction, ainsi que des entreprises françaises comme le Groupe Auchan, NHood et Projex, ont exprimé leur intérêt pour des projets de rénovation, de villes nouvelles et de mixité fonctionnelle, avec des visites prévues au Sénégal pour identifier les sites prioritaires.
En définitive, cet engagement de 3,5 milliards d’euros représente une étape décisive pour le plan Sénégal 2050, en offrant aux régions marginalisées les moyens de se développer durablement et de réduire la pression croissante sur la capitale.



