Le drame culturel qui secoue Mbour vient d’une affaire où dix membres d’un groupe appelé lël ont été appréhendés pour avoir fait circuler le Kankourang en dehors du cadre légal. Cette arrestation met en lumière le conflit grandissant entre les autorités locales et les porteurs de traditions ancestrales.
Un dispositif de sécurité renforcé et ses limites
Le 27 août 2026, le commissaire central de la ville, Bara Ndiaye, avait annoncé un plan de surveillance renforcé pour les processions du Septembre mandingue. Ce dispositif, soutenu par la Sûreté urbaine du Commissariat central et épaulé par des éléments du GMI et de la BIP, visait à garantir le respect d’un décret préfectoral daté du 28 août 2026 qui ne permettait les défilés qu’aux cellules officiellement reconnues.
Les autorités avaient pourtant invité les membres de lël à une réunion d’information afin de rappeler les restrictions en vigueur. Malgré cet avertissement, les praticiens ont procédé à la sortie du Kankourang, déclenchant l’intervention des forces de l’ordre.
Conséquences judiciaires et saisies d’objets traditionnels
Après leur interpellation, les dix suspects ont été conduits au poste où ils ont reconnu avoir été informés de l’interdiction. Les perquisitions menées auprès de leurs groupes ont permis de confisquer sept machettes, quatre tambours traditionnels et un cornet de chanvre indien, tous placés sous scellés. Les détenus ont ensuite été placés en garde à vue avant d’être présentés au procureur du Tribunal de grande instance de Mbour, où ils font face à plusieurs chefs d’accusation : violation du décret, participation à une manifestation non autorisée, trouble à l’ordre public et détention d’armes blanches.
Parmi les cellules autorisées figurent des groupes tels que Thiocé Ouest, Santesou, ainsi que d’autres comme Thiocé Est, Sadio Kunda, Woyinka, Juju Cissé Kunda, Diamagueune et Kuyamba.
Cette affaire soulève d’importantes questions sur la préservation des rites traditionnels face à la réglementation administrative et sur la manière dont les autorités peuvent concilier sécurité publique et respect du patrimoine immatériel.
Alors que les communautés culturelles réclament davantage d’espace pour leurs expressions, le gouvernement devra repenser son approche afin d’éviter d’autres confrontations similaires.



