Alors que le secteur pétrolier sénégalais était censé profiter d’un transfert d’actifs majeur, la réalité dévoile une disparité vertigineuse entre les chiffres officiels et les données réellement restituées au pays.
Un écart colossal dans le volume d’informations
Le dossier officiel indique que le bloc Yakaar‑Teranga contenait environ 155 téraoctets d’informations. En pratique, l’État n’a récupéré que 110 gigaoctets, soit moins d’un millième du volume déclaré. Cette différence représente 99,93 % des données qui restent sous le contrôle de Kosmos Energy.
Conséquences financières chiffrées
Des analystes proches de l’exploration pétrolière évaluent la valeur de ces fichiers à un minimum de 200 millions de dollars. Le manque à gagner pour le Sénégal est donc estimé à 255 millions de dollars, soit plus de 145 milliards de francs CFA. En parallèle, une demande de 55 millions de dollars a été formulée par Birame Souley Diop dans une lettre du 15 mai 2026.
Alioune Guèye a répondu à cette requête le 19 mai, rappelant les propos publics d’Ousmane Sonko du 23 avril, selon lesquels le Premier ministre avait affirmé que la reprise s’est faite « sans aucune contrepartie financière pour le Sénégal ». Guèye a ajouté que toute réclamation supplémentaire pourrait être perçue par Kosmos comme une remise en cause des accords déjà signés.
Contexte politique et échéances
Mamadou Faye avait présenté le retrait de Kosmos comme une évolution découlant de difficultés financières et de l’absence de nouveaux partenaires après le départ de BP. Le permis d’exploitation de Yakaar‑Teranga devait être renouvelé en juin 2026, une échéance qui coïncide avec les tensions autour de la restitution des données.
Cette situation soulève d’importantes questions sur la gouvernance des ressources naturelles et la capacité de l’État à sécuriser ses actifs informationnels, éléments désormais cruciaux pour la valorisation future du gisement.
À l’avenir, la pression exercée par les acteurs locaux et les observateurs internationaux pourrait contraindre le gouvernement à renégocier les termes du désengagement ou à mettre en place des mécanismes de contrôle plus stricts afin d’éviter de nouvelles pertes similaires.



