Alors que le gouvernement sénégalais s’apprête à entamer les pourparlers avec ses créanciers, ces derniers ne restent pas inactifs. Un groupe de détenteurs d’obligations souveraines a été constitué, et il a mandaté le cabinet d’avocats américain White & Case pour piloter la stratégie juridique.
Un front unifié des créanciers
Les investisseurs qui détiennent les titres d’État du Sénégal ont décidé de se regrouper afin de renforcer leur position lors des négociations. En s’organisant collectivement, ils visent à obtenir des conditions plus favorables et à sécuriser leurs remboursements. Cette démarche marque une première coordination de grande ampleur depuis plusieurs années.
Le rôle stratégique de White & Case
Fondé à New York en 1901, le cabinet White & Case figure parmi les plus influents au niveau mondial, avec un chiffre d’affaires de 3,6 milliards de dollars en 2025 et plus de 2 600 avocats répartis dans 43 bureaux. Sa réputation repose sur des interventions dans le financement, les marchés de capitaux, le droit bancaire, l’arbitrage et les restructurations de dette souveraine. Le cabinet a déjà conseillé l’Éthiopie, l’Ukraine, ainsi que des coalitions de créanciers au Liban et au Sri Lanka, ce qui le place en première ligne pour guider les parties sénégalaises.
Enjeux pour le Sénégal
Le 1er septembre, le FMI a annoncé un accord préliminaire de 2,2 milliards de dollars avec le Sénégal, ouvrant la voie à un nouveau programme de financement. Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan a présenté le Plan de traitement de la dette publique (PTDS), ciblant les obligations libellées en devises étrangères et s’appuyant sur la version accélérée du « Cadre commun renforcé » du G20. Cette combinaison d’outils vise à alléger le service de la dette et à restaurer la soutenabilité budgétaire.
Le défi majeur pour Dakar réside désormais à concilier les exigences du groupe de créanciers, armé d’un conseiller de renom, avec les priorités de développement national. Les négociations à venir seront décisives pour déterminer si le pays pourra préserver ses projets d’investissement tout en respectant les exigences de ses bailleurs de fonds.
À moyen terme, la capacité du Sénégal à obtenir un accord équilibré pourrait influencer la perception des investisseurs africains sur la région, ouvrant potentiellement la porte à de nouveaux financements ou, à l’inverse, à une hausse des coûts d’emprunt si les discussions s’enlisent.



