Alors que la SAR représente un pilier de la souveraineté énergétique sénégalaise, ses salariés brandissent désormais le drapeau de la contestation. Face à une politique de promotion interne jugée opaque, les délégués menacent d’engager une grève, tout en réclamant un audit complet des nominations des deux dernières années.
Explosion des postes de direction
Les chiffres avancés par les représentants sont sans appel : le nombre de directeurs serait passé de sept à quatorze, tandis que les chefs de département auraient bondi de quinze à vingt‑sept. Cette progression, selon eux, alourdit considérablement les charges de la raffinerie et crée un déséquilibre budgétaire majeur.
Déséquilibre entre techniciens et cadres
Au-delà du simple comptage, les salariés soulignent un déséquilibre structurel. Les effectifs techniques et opérationnels restent insuffisants, alors que les fonctions administratives se multiplient. Cette situation, qualifiée de « politiques et poétiques » par les délégués, serait le reflet d’un mode de nomination qui ne respecte plus les recommandations du Conseil d’administration.
Vers une mobilisation qui pourrait paralyser la raffinerie
Le syndicat SYNPICS, présent à la tribune, alerte sur des recrutements clientélistes et annonce la possibilité de saisir l’Inspection du travail. Un préavis de grève serait déposé sous peu, afin de défendre les intérêts du personnel et la viabilité de l’usine, déjà mise à mal lors des crises de 2006 et 2020. Les délégués insistent sur la nécessité d’un audit indépendant, destiné à vérifier le respect des procédures et à mesurer l’impact financier de ces nominations.
Si la menace de mouvement social se concrétise, les répercussions pourraient s’étendre bien au-delà des murs de la raffinerie, affectant la chaîne d’approvisionnement énergétique du pays et mettant sous pression les autorités chargées de la gouvernance des entreprises publiques.
En définitive, le conflit met en lumière une tension croissante entre la gestion des ressources humaines et la préservation d’un secteur stratégique. L’issue de ce différend pourrait bien redéfinir les règles de nomination au sein des sociétés publiques sénégalaises.



