Le climat juridique qui entoure les créatrices de contenu au Sénégal se durcit : Rox la Chancelière et Jessica ont été de nouveau placées en détention, une mesure qui pourrait bouleverser l’équilibre du secteur numérique local.
Une journée décisive au parquet de Pikine‑Guédiawaye
Ce mercredi, les autorités ont conduit les deux jeunes femmes au parquet de la zone de Pikine‑Guédiawaye. Elles ont été soumises à un nouveau mandat de dépôt et devront comparaître devant le tribunal des flagrants délits le 14 septembre. Cette décision intervient après une première mise en garde similaire, infligée à Rox et à Narou Karma pour des propos jugés contraires aux bonnes mœurs et des insultes publiques.
Ramz Yango, toujours en cavale
Parallèlement, la Tik‑tokeuse Ramz Yango n’a pas comparu à la Division spéciale de cybersécurité (DSC) où elle devait rencontrer Rox. Son absence a conduit les enquêteurs à lancer un mandat d’opposition à la sortie du territoire, la maintenant recherchée par les forces de l’ordre.
Jessica au cœur d’une plainte supplémentaire
Quant à Khadidiatou Kébé, connue sous le pseudonyme « Jessica », elle fait l’objet d’une plainte déposée par Diodio Sow, alias « Anita ». Extraite de sa cellule ce mardi, elle a été placée sous enquête afin de clarifier les accusations qui pèsent sur elle.
Rox, de son côté, voit la liste de ses plaignantes s’allonger, notamment après la plainte de Ramz Yango, à qui elle a également rétorqué en déposant une plainte contre elle. Cette escalade juridique souligne la tension grandissante entre les créateurs de contenus en ligne et les autorités sénégalaises, qui dénoncent des discours jugés inappropriés ou diffamatoires.
Le phénomène révèle un double visage : d’une part, la volonté de protéger la moralité publique, d’autre part, le risque de freiner l’expression créative sur les plateformes numériques. Les jeunes influencés par ces décisions pourraient repenser leurs stratégies de communication, voire réduire leur visibilité pour éviter les démêlés judiciaires.
En définitive, la situation de Rox et Jessica pourrait marquer un tournant dans la régulation du secteur digital au Sénégal, poussant les créateurs à naviguer avec plus de prudence entre liberté d’expression et cadre légal.



