Au cœur des tractations cruciales pour l’avenir économique du Sénégal, le député Guy Marius Sagna a jeté un pavé dans la mare politique, interpellant directement les choix du gouvernement actuel. Alors que la nation dialogue avec le Fonds Monétaire International (FMI) pour un nouveau programme et poursuit l’ambitieuse « Vision 2050 », les déclarations du parlementaire soulignent une tension palpable entre les principes de souveraineté et les impératifs financiers.
Questionnements autour de la Fondation et de l’héritage financier
Le représentant du peuple a d’abord dirigé ses critiques vers la Fondation Diomaye. Il s’interroge sur d’importants financements qui auraient été octroyés par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, à cette structure. Mais les allégations de Guy Marius Sagna ne s’arrêtent pas là. Il a également évoqué la possibilité d’engager une procédure de mise en accusation contre l’ancien président Macky Sall. Selon lui, Macky Sall porterait une lourde responsabilité dans l’état actuel des finances publiques du pays. Le député va plus loin, suggérant une complicité du Fonds Monétaire International dans une créance opaque de l’ordre de 7 milliards de dollars, qui se serait constituée de 2019 à 2024 sous l’égide de l’ancien président.
La « Sonko-formula » à l’épreuve des engagements internationaux
Le parlementaire s’est également montré très critique quant à la manière dont l’accord avec le FMI a été conclu. Il soutient avec force que l’Assemblée nationale aurait dû être consultée en amont de sa signature, invoquant l’article 96 de la Constitution, qui encadre les accords engageant les ressources de l’État. En outre, il dénonce la restructuration de la dette validée par le président Bassirou Diomaye Faye, la qualifiant de « nouvelle forme de dépendance ».
Cette orientation est, selon le député, en contradiction avec la « Sonko-formula », également appelée « Pastef-formula ». Cette dernière prône une baisse des prix pour les citoyens, un rejet des ajustements structurels et une indépendance économique forte. Guy Marius Sagna constate que le Sénégal se rapproche désormais des exigences du FMI, à un moment où l’exécutif doit pourtant arbitrer entre la recherche d’un nouvel appui financier international et la concrétisation de sa « Vision 2050 ». Il insiste sur le fait que le Pastef défend une ouverture économique compatible avec la souveraineté nationale, et non une politique d’autarcie.
L’ensemble de ces déclarations met en lumière la délicate recherche d’un équilibre entre les principes fondamentaux de la « Sonko-formula » et les impératifs des engagements financiers et internationaux, posant un défi majeur au gouvernement sénégalais dans l’élaboration de sa feuille de route.



