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Al Aminou Lo : en pleine crise économique, sa dénonciation de la xénophobie marque les esprits

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Dakar bruissait des échos d’une prestation gouvernementale majeure, et le Premier ministre Al Aminou Lo n’a pas déçu les attentes. Devant une Assemblée nationale où l’opposition, dominée par le Pastef, était en force, le chef de l’exécutif a non seulement affronté les défis économiques du pays, mais a aussi livré une charge virulente contre la xénophobie. Son allocution, décrite comme imperturbable et pugnace par une partie de la presse, a mis en lumière une tension sociale grandissante, exigeant une réponse ferme de l’État.

Al Aminou Lo : un plaidoyer contre l’intolérance

L’un des moments les plus marquants de la présentation des orientations gouvernementales fut sans conteste l’appel du Premier ministre à la cessation des discours de haine. Il a fustigé les pressions exercées sur les populations venues des pays limitrophes, déclarant avec force : « Il faut que cela cesse ». Cette déclaration, relayée notamment par Yahoo, prend une signification particulière alors que le débat public s’enflamme sur les questions migratoires depuis le début du mois de juillet. Al Aminou Lo a rappelé que de nombreux Sénégalais possèdent eux-mêmes des liens familiaux profonds avec les nations avoisinantes, soulignant que de telles manifestations d’hostilité ne sauraient faire honneur à la République.

Sans le nommer directement, la cible de cette réprimande était claire : le député nationaliste Tahirou Sarr. Ce dernier, élu à l’Assemblée nationale depuis novembre 2024, a publiquement mis en cause des marchands guinéens, les accusant de nuire aux intérêts financiers du Sénégal. Il a également critiqué la passivité de l’administration face à la présence de ressortissants nigériens, sierra-léonais et maliens dans les artères de Dakar. Toutefois, cette ligne nationaliste demeure minoritaire et rencontre une forte désapprobation au sein de la sphère politique, tandis que la société civile réclamait une réaction plus affirmée des autorités.

Contexte économique et feuille de route gouvernementale

Au-delà de cette prise de position cruciale sur le vivre-ensemble, Al Aminou Lo a dressé un tableau réaliste des perspectives économiques. Devant des représentants Pastef majoritaires, il a adopté une approche pragmatique, insistant sur le fait que le Sénégal a connu un recul de sa richesse nationale en 2025, et que cet affaiblissement se poursuivra en 2026. Cette évaluation, même si elle peut inquiéter, visait à rassurer une partie des citoyens en affichant une détermination à gérer les défis. Ce contexte économique tendu se superpose aux frictions politiques latentes entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, ajoutant à la complexité de la situation.

Sur le plan institutionnel, le Premier ministre a délibérément choisi de ne pas solliciter un vote de confiance, évitant ainsi la possibilité d’une censure. Il a par ailleurs reconfirmé l’engagement du gouvernement envers l’Agenda Sénégal 2050, tout en identifiant six domaines prioritaires nécessitant une attention urgente : le pacte social, la gestion budgétaire, la pression démographique, l’efficacité administrative, les dangers climatiques et l’attractivité des investissements.

L’intervention d’Al Aminou Lo, perçue comme un moment de vérité par Walf Quotidien qui a souligné sa capacité à « tenir tête à l’hémicycle », a positionné son gouvernement sur une ligne de fermeté face aux dérives sociales, tout en rappelant la dureté des enjeux économiques. Reste à voir si cet appel à l’unité et cette franchise sur les réalités du pays trouveront un écho suffisant pour renforcer la cohésion nationale face aux multiples défis.

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